PREMIER BAIN DE MER

Fos sur Mer 24 juin 2020

BAIN DE MER





Premier bain de mer – l’été sans mer je meurs à petit feu –

Ici sur ma plage de 36 et de 68 je suis entouré d’enfants

qui rejouent le mythe des origines –la mer la mère toujours

recommencée – ils courent à la mer avec leurs petits seaux

ils passent le sable au crible de la grande illusion

ils n’arrêtent pas de bâtir et de débâtir leurs châteaux

en Espagne et surtout ils rient ils crient ils s’interpellent

ils portent l’eau de vie des poètes de sept ans et de soixante

dix-sept ans –disons- dans le plein soleil l’azur les bateaux

tout ce saint-frusquin que l’on vend dans les cartes postales

Mais ici chez moi sur ma page de sable et d’or ce ne sont

qu’émotions rêves et désirs que l’on dit au papier à la mer

qui nous vient du dedans comme un étourdissement passager





Fos sur Mer « la grande plage » 400m de sable

face aux navires porteurs d’essences noires

et de mythes secrets

UNE ABONDANCE LACTÉE

IL NE FAUT PAS CROIRE CE QUE JE VAIS ÉCRIRE




ABONDANCE LACTÉE





Il ne faut pas croire absolument ce que je vais écrire

Mais un peu tout de même

Peu à peu je décolle de mon époque

Un cas d’école

T’es plus dans l’coup Papa (bis)

Une chanson de mon époque





Peu à peu être absolument moderne

disparaît en moi corps et biens

C’est prendre ses distances envers

l’homme aux semelles de vent

qui finit par vendre du plomb et des fusils

au Négus





« Ô Gus tu connais Charlie Mingus »

Ô oui Jonasz  ta chanson n’est pas naze

PARADIS AU RAS DU SOL




Mingus tirant sur les cordes de sa contrebasse

comme sur son havane

Je l’ai suivi toute une nuit dans le théâtre

de plein air de Châteauvallon

Assis à cinq à dix mètres de lui

Quasiment dans l’orchestre

C’était comme vivre une heure au Paradis

Au vrai Paradis au ras du sol





J’écris cela sans la moindre crédulité

mais un peu tout de même

Une abondance lactée aurait dit Max Jacob

en parlant de son pote

le poète Guillaume Apollinaire





(à suivre au prochain népisode

comme on disait dans les anciens feuilletons)

https://www.youtube.com/watch?v=__OSyznVDOY

Moanin une pièce de Charlie Mingus
 jouée par des dieux


DANS LE HAMAC 23 VERS PAR RACCROC





Brisez les cadres avant que les cadres ne vous brisent !

Gaston Bachelard





Babil Babel Soleil naissant

Quand l’Alouette

De joie s’oublie aux rais

Puis plombée par un méchant chasseur

Va tomber dans la poussière de l’azur





Les faux beaux jours ont fui

O ma chère pauvre âme

On dirait du Verlaine

Mais c’est du seul Dorio

Se balançant

Dans son hamac tissé de mythes

Et de poèmes de hasard





Dans ce lieu de Provence maritime

Où le vent ce matin

Lui dicte ces vers par raccroc





Profitez de chansons

Quand Amour est présent

Profitez de la pomme

Jusqu’au dernier pépin





La première mésange

Joue sur l’abricotier

La vie est éphémère

On n’y voit que du bleu

hamac des mythes et des vers par raccroc