MAIS D’OÙ TU PARLES ?





À pas de chat, je me glisse dans la conversation infinie transmise par un petit livre bleu (pour la couverture), comme « un bleu », qui ayant l’illusion d’y participer, se laisse porter par le courant de sympathie qui en émane.

Je me souviens de la formule rituelle de Mai 68, où dans une ville sans auto, on causait à tout le monde dans des assemblées de fortune, aux quatre coins des rues, des places, des amphis. Il n’y avait pas un intervenant à qui on demandait, tout de go : Mais d’où tu parles ?

Je parle d’un lieu mystérieux à plus d’un titre, une chambre aux murs blancs, traversée d’ondes venues du royaume « des voix chères qui se sont tues ».

Je parle dans ma tête avec les vivants bien vivants, avec qui nous échangeons nos écrits et chuchotements, nos annonces, nos petites nouvelles du front de mer, où passent et repassent pour l’éternité, les jeunes filles en fleurs.





italiques : Verlaine, Marcel Proust.

(UN DICTIONNAIRE À PART MOI) texte en cours

MAIS D'OÙ TU CAUSES? 

MAIS D’OÙ TU CAUSES Quichotte  Don Quijote ? /en un lugar de cuyo nombre no quiero acordarme /(bis)Mais d’où tu parles Charles ? de quelque part comme on disait à l’époque qui prenait feu de toute  part Mais d’où tu jactes Jean Jacques ? : mais du pavé et du ruisseau Rousseau /où passe (ter) mon beau navire ô ma mémoire Avons-nous assez navigué Dans une onde mauvaise à boire Avons-nous assez divagué De la belle aube au triste soir au bord de l’agonie /ô ma folie (bis) Mais d’où tu cornes tes gazelles tes licornes sorties des grimoires entassés dans l’armoire de hêtre et d’où tu dictes tes paradigmes perdus des champs de magnésie ? Mais en ce lieu d’utopie Lily /dont le nom m’échappe à jamais (bis)

TOUT UN POÈME





J’aime la simplicité des relations humaines

et la complexité pour soi

qui cherche 





Que sais-Je ? interrogeait Montaigne

J’ajoute et ne corrige pas

 

J’ajoute

Je ne rature pas





 Certitude du matin devient incertitude du soir

et dans la nuit – souvent – j’y vois plus clair





Caminante no hay camino el camino se hace al andar*

Ce petit chemin qui n’existe qu’en le faisant

Tout un poème !





*Antonio Machado

« Le seul chemin qui vaille c’est celui que l’on découvre en marchant » JJD


	

CONVERSATIONS

Au plus on accepte, après une vie en couple et en famille riche au possible, de vivre, par nécessité seul.e, au plus on a besoin de conversations. Je ne parle pas du bavardage que permettent désormais les objets connectés, sur la plage de Fos sur Mer, au supermarché des Mousquetaires (au couvent de la consommation), depuis une tour de Manhattan ou du Marché de la Poésie place Saint Sulpice à Paris. Non, c’est de la conversation avec nos livres, qu’il s’agit.

Ceux que l’on a déjà lu, il y a belle lurette, et que l’on relit nouvellement et les petits nouveaux qui « viennent de paraître. »

Conversations : « authentique plaisir gratuit », attention au discours des autres (sur eux-mêmes en particulier), manières de prendre la bonne distance pour se moquer de soi, le libertinage (au sens de causer librement de tout et de son contraire), voix des femmes bridée, brisée jusqu’à Madame de Staël, (disons), qui se mettant à écrire, sans complexe d’infériorité, nous éblouissent.

On glisse, peu à peu, dans la peau de notre correspondant, notre interlocutrice privilégiée :

-Alors tu vas encore faire ça ?

-Oui, bien sûr, et de long en large.

-Et comment tu vas passer de tes lectures universelles à ton écriture singulière ?

-Eh bien, euh, comme ça, à tâtons, par ricochets et sans trop y penser.

25/09/2020

ATTENTION DANGER POÉSIE





Attention danger poésie :

la moindre crique est une mine

le moindre vers une explosion





Attention danger hérésie

dans le mythe d’une caverne

où le renne de Lascaux jaillit





Attention danger galaxie

voie lactée ô sœur lumineuse*

où nous puisons notre énergie





Attention danger poésie

où dieux et maîtres n’ont plus cours

mais les mille fleurs de poèmes

qui donnent sens à nos vies





Attention dansez poésie !





*Guillaume Apollinaire





AIMER ALLER ARTISAN ASTÉROÏDES AUJOURD’HUI BABELS EQUINOXE BIOGRAPHIE BLOG BOURRU CARNETS CHEMIN CHUTES COUTEAU  DANGER DÉDICACES DIABLE DORIO EFFLEURER ÉNIGME ESSAI EXIL FANTAISIE FÉTUS FRAGMENTS FRONT GAMMES GNANGNAN GRAINS GRATUIT HAÏKU  HOCHET MANIÈRES MARTIGUES MÉMOIRE MOINEAU MORT MYTHES NON-DIT   PAIX PALET PALIMPSESTE PARADIS PARADOXE PASSAGERS PASSER PASSEUR PENSER PHRASE POÈME POÉSIE POÈTE POINÇON POLYPHONIE PUCES QUE SAIS-JE RATÉ RÉALITÉ ROSIER SABLE SILENCIAIRE SOUFFLEUR SUJET TEMPS TRACES UTOPIE

AIMER L’UTOPIE

Jean Jacques Dorio

réécriture fin de l’été-automne 2020





première version en format A4

Encres Vives n° 399

on peut encore la lire

en la commandant pour 6,10 euros

à Encres Vives 2 Allée des Allobroges 31770 Colomiers

LAMBINER

version première (et presque définitive) écrite à la main ce 24/09/2020




LAMBINER

Ce sont mes plus beaux moments d’écriture.

Je pars d’un mot ou de plusieurs, qui ne dépassent une ligne.

Ils ne sont pas de moi, mais d’un livre, que je ferme alors.

« Une page blanche, vierge de toute écriture ».

C’est la cueillette de l’instant.

Ensuite cette carte tirée, je cherche et lui ajoute une des miennes.

Aujourd’hui par exemple c’est « Y a-t-il un texte dont mes intonations fassent mieux jouer toutes les nuances ? »

Mais non, ce n’est toujours pas de « moi », mais d’un autre livre. (Celui-là d’une femme).

Une page blanche, si je commence à faire mouvement sur elle, quelque soit le temps que je vais y consacrer, je m’oblige à la remplir.

C’est comme un devoir d’écolier. Mais comme je n’aime pas raturer (une sorte d’interdit), rien ne me presse de la terminer.

Cette page ce matin c’est écrite au lit, à mon réveil du matin.

(C’est autre chose pour mes réveils de nuit).

Dieu sait combien elle m’a permis de lambiner.

Tout à l’heure, je la recopierai, à l’aide du clavier.

 Et puis je l’oublierai.





citations : « Le côté de Guermantes » et « Enfance »