CHOSES QUI FONT BATTRE LE CŒUR









La naissance des enfants

Et des petits faons





Les Constellations de Joan Miró

Peintes à la gouache

Et à l’essence sur papier





Les poésies de Charles d’Orléans

au puits profond de ma mélancolie





L’encre noire comme le sang

de nos nuits sans encrier





La Fraternisation

portée au plus haut point

En Mai 68





La Disparition

Ce livre sans eux





Et ce dernier vers

Pour Celle

Que la mort a fauché





Choses qui font battre le cœur

MAI 68 FLEUR ÉPHÉMÈRE D’ÉTERNITÉ





Écrire encor Mai 68 ?

Tu as bu tu abuses

Tu parcours les nuages de mots clés

Contestataires Enragés

et  – on l’a oublié- ceux et celles qui étaient

comme toi les Inorganisé.e.s





Écrire encor les vieilles lunes

Les crapules staliniennes

La Chinoise tournée par le plus con

des Suisses prochinois

La Chienlit du père De Gaulle

Assis sur son trône élyséen





Écrire encor la joie pure et désintéressée

Plutôt la vie Fraternité

La servitude volontaire moquée

Dix ans ça suffit

Les affiches collectives des Beauz’arts

Les rencontres sur les places

Et dans les rues sans hiérarchie sociale





Écrire encore tant que vyvrai

Avec l’énergie et le souffle

Sens dessus dessous

À la chandelle de la bougie Jankélévitch

Ce je-ne-sais-quoi et ce presque-rien





Écrire encor 68 pages sous les pavés

68 phrases bombées sur les murs

L’Art c’est ce qui rend la vie

Plus intéressante que l’Art

68 prises de paroles

Comme en 89 ils ont pris la Bastille





Écrire encor et toujours mai 68

Tu ne demandes rien à Personne

52 piges après Ça t’occupe

Ça te libère ça t’émoustille

Et le reste les Tristes Figures

Qui croient liquider le mouvement

de Mai

Hop ! Hop ! Hop ! Hop !

Tu leur chantes la chanson de Béranger





Vous n’aurez pas ma fleur

Celle qui me pousse à l’intérieur

Fleur cérébrale et fleur de cœur





Mai 68 Cosa mentale

Fleur éphémère d’éternité…





Citations sur l’Art Gérard Fromanger

Sur la Bastille Michel de Certeau

Le poète a dégoupillé la parole, annonçait un papillon de la Sorbonne. C’est un fait dont nous sommes témoins pour l’avoir vu et y avoir participé : une foule est devenue poétique. On s’est mis à discuter enfin de choses essentielles, de la société, du bonheur, du savoir, de l’art, de la politique. Une palabre permanente se répandait comme le feu…





Michel de Certeau

PAROLES SAUVAGES TEXTES RAFFINÉS









– Mais d’où tu parles ?

– Paroles sauvages, écrits raffinés,

je me lance, je croise

et ne suis jamais satisfait.

– Un exemple ?

– Agile Argile Fragile

S’agite ce texte

Dont j’ai perdu les clefs.

– Et alors ?

– Rien. Je ne me hâte pas de les retrouver.

J’aime naviguer dans le labyrinthe de l’obscurité,

Entrecoupé de rires et de fragments de récits d’explorations.

– Tu parles d’un chantier !

– Un champ de fouille, un atelier ; chacun.e

S’y attelle, s’y confronte, s’y conforte, s’y réfugie,

S’y reflète, s’y décale, s’y aventure, s’y rêve…

Et les voix s’entrecroisent multiples, profuses, futiles,

incoercibles et par-dessus tout…jouissives.





Dialogue intérieur XXV

NESSUN DORMA ou LA NUIT DES BARRICADES





Liesse : Joie collective

(vieilli, littéraire)

Nuit du dix au onze

Mai 68

Mai mais mais Paris mai





Roulez jeunesse

Dormez vieillesse

(À 22h De Gaulle va se coucher…

On n’osera le réveiller)





Rue Gay Lussac

Ô gué ô gué ô gué

C’est la divine comédie

On se passe les pavés

En chantant Pavarotti :

Nessun dorma (bis)

Que nul ne dorme !

Et ne s’endorme

Sur les lauriers

Des Enragés





Come di come di

La Comédie d’un jour





La Tragédie toujours





Avec Claude Nougaro, Pavarotti (un air de Puccini) et Paolo Conte

MOTS DE PASSE





Il y a des mots de passe que l’on oublie…mais que l’écriture comme par miracle…restitue

C’est comme un jeu…un pari… sans trop y croire on lance les dés…qui sait ?

Qui sait si le quatre ne va pas sortir en premier…suivi du deux…et du un

C’était la belle époque du 421…en buvant sur le comptoir…le pastis…avec des amandes salées…et des olives noires

Avec des sortes de fous rires…et le juke-box qui jouait Petite fleur ou crachait le jus des Chaussettes noires

Mince…ça fait deux « noires »…une blanche…une fine avec un chic d’eau plate

Plate…le mot de passe est venu…Plate est le nom d’une ferme perchée sur une colline d’Ariège…

Au pied de la métairie il y avait une mare…et dans cette mare au printemps croassaient  des grenouilles…gragnotes que nous attirions au bout d’une ligne…avec du farouch une fleur de sainfoin rouge…plantée dans un trident…et les pauvres batraciennes hameçonnées se retrouvaient dans nos musettes…

Musette…muette…mouette…

Trois nouveaux mots de passe…

L’écriture est une vis sans fin…