SANS ME FAIRE DE BILE EN MARCHANT TRÈS LONGTEMPS





LE POURQUOI DU COMMENT
premier jet
25/03/2020
5h21




J’aime réfléchir au pourquoi du comment

Mais pas au point de suspendre

Mes fantaisies verbales sur la route créative

Sans me faire de bile en marchant très longtemps





Alexandrins croisés d’un type très connu

Qui naquit à Le Havre

Avec un inconnu

Celui qui réfléchit au pourquoi du comment





Activité de pauvre qui aime se poser

Les questions ‘xistentielles

Et nos se reposer sur ses oliviers





D’ailleurs il n’en a qu’un

Que lui-même planta

Dans son petit carré

De terre provençale





Montaigne dit à peu près

Que « nonchalant » de sa mort
Il aimerait qu’elle le prenne

« Plantant ses choux »





Activité d’un humain

Qui après avoir eu les charges de premier magistrat

Se mit en retrait

Lisant et réfléchissant la plume à la main





Manière en ses Essais

De démêler le pourquoi du comment

LETTRE D'UN ÉCRIVAIN MALADIF À SON ÉGÉRIE

Cabourg          10 juillet 1909     

                                                                                               Martigues 24 mars 2020

                                                                                                  

                                                                                  





Madame,

J’ai reçu votre délicieuse carte avec un immense plaisir. Et avec cette délicatesse qui vous caractérise, je l’ai reçue le jour même de mon anniversaire. Votre envoi supplante toutes les lettres ampoulées, les bouquets de fleurs bien vite fanées, ou ces friandises que l’on nomme chocolats.

Vous n’ignorez pas combien j’associe votre nom à toutes mes pensées de tendresse, de beauté et d’admiration. Et en même temps, quand je suis en votre réelle présence, je suis comme pris d’une si forte émotion, que je reste muet ou balbutiant, comme un enfant qui se fond dans la couleur jaune qui vient de sortir de sa palette ou s’oublie dans un papillon voletant dans son jardin secret.

Mais de tout cela, jardin, pensées, voix du silence qui sont en nous et qui, si nous parvenons à les écrire, nous métamorphosent, j’ai le plaisir de vous dévoiler que j’ai commencé à l’inscrire dans un tout long livre, dont vous découvrirez quelques pages, à la rentrée, dans le feuilleton du Figaro.

Je connais vos dons de lectrice avisée, et vous savez combien votre regard sur moi fait parti de mon identité. Aussi, quand après m’avoir lu, nous nous reverrons, nos paroles pour la première fois, j’ose l’espérer, auront plus de consistance et, si je puis dire, de réalité.

À ce propos, vous ne m’en voudrez pas j’espère, de n’avoir pu m’empêcher de m’inspirer de quelques- uns de vos traits pour peindre au moins deux de mes héroïnes. (cette phrase retrouvée dans une lettre préliminaire n’a pas été envoyée)

Adieu Madame, veuillez accepter mes hommages d’attachement reconnaissant et profond.

Marcel Proust





source plagiée

lettre de Marcel Proust depuis le grand hôtel de Cabourg à Madame Strauss*

demeurant l’été au « Clos des mûriers »

à Trouville





*ex Genevièe Halévy

Madame Bizet…

un peu duchesse de Guermantes

un tantinet Odette

et qui encore ?

modèle pastiché
d’écriture de Marcel Proust
fac-similé de la lettre véritable
de Marcel Proust
adressée à Madame Strauss

LETTRE POUR UN ANNIVERSAIRE

lettre de Raymond Queneau
à Jean Jacques Dorio
original




LOIN DE RUEIL     ce 24 mars 1945                                                                                                                                     PRÈS DES MARTIGUES 24 mars 2020

                                                                                                                                                               





Mon cher Dorio,

Tu viens de naître, je le sais, mais je me suis débrouillé avec le dieu du Temps pour que cette lettre ne t’apparaisse que le jour de tes septante et cinq ans. À l’avance j’en trépigne de joie. Et question java, jour de fête, poésie pas fière pour un sou, j’ai pas d’souci. On t’a fait à la bonne graine, à cinq heures du matin, (c’est marqué sur le livret) d’un printemps retrouvé après cinq ans d’obscurité.

Et pour le reste en ce jour où l’on éprouve ses artères, styles, exercices et tout le bataclan, je me suis fendu de ces quelques vers dont tu feras, à ta guise, complainte, ballade ou chanson grise.





La vie court on ne sait où

Avec ses pattes longues et courtes

Le temps passe on ne sait quand

Mai 68 entre ses dents





La vie remue son R son Q

Chêne et chien Pins et cigales

Le temps JJ lance ton D

Et ses six chiffres qui roulent

Et roulent jusqu’à ta mort





Mais chut en c’jour faut pas l’écrire

La mort n’y mord disait Clément

L’amour nie le jeu d’la mourre





Chantons le jour où nous naissons

Et renaissons en affirmant

Xa va xa va xa va durer encor

Un p’tit bout d’art poétique

Par ci par là et caetera





À toi mon pote ces lignes qui flottent

Et au Virus Couronné de l’éternelle Pouaisie





Ra i grec mond Que n’eau (ter)

SANS POINTS NI VIRGULES

Un bon cœur bat de la naissance à la mort un cœur qui a des points est un cœur malade

Pierre-Albert Birot   Grabinoulor





À dire d’un seul souffle





La langue qui remue quoi de plus fonctionnel où alors il faut l’attacher la trancher l’arracher et cependant si on se met à l’écrire avec ses doigts par exemple ce qui en effet semble le plus naturel doigts et mains à plume à clavier à crayon à bille si nous restons dans l’actuel plus ou moins universel avec ses doigts qui la tirent plus que de raison la travaillent la recensent à défaut de l’encenser la langue commence à faire des siennes elle s’oublie elle se libère elle ne veut plus bêler bégueter chevroter quémander l’avis du spécialiste savant ou singe grammairien ponctuel à réclamer syntaxe orthographe et ponctuation exactes c’est-à-dire conformes à l’usage d’un tel écrivant il y a quelques siècles qui paradoxalement n’avait cure des points virgules jusqu’à ce qu’un imprimeur ancien compagnon pressier vienne mettre un peu d’ordre dans tout ça car tant qu’à raisonner il faut bien montrer et marquer les temps de la pensée petit morceau par petit morceau ne pas confondre le moment du donc de celui de l’et du par conséquent et du étant donné que enfin quoi il faut un peu de raisonnement que diable ainsi donc naquit dame ponctuation ou monsieur brisure si l’on préfère petits fétus par petits fétus petites semelles de plomb par petites semelles de plomb pour gravir une à une les marches pour poser une à une les marques de la phrase numéro un puis de la phrase numéro deux ainsi à l’infini pour que la dame ne s’essouffle pas trop aille s’éventant s’économisant de reposoirs en reposoirs pour que monsieur nous les brise bien comme il faut de la tête aux reins et même si l’on osait on descendrait un peu plus bas un doigt virgulant un autre pointant un troisième qui sait quoi tous signes étrangers à cet arc poétique continu jeté à cette seule arche suspendue à la recherche de l’écrit et de la joie qui sans raison résonnent et qui vont sans souci du quand ponctuera-t’on la fin sans freins et sans trompettes

JE N’AI JAMAIS J’AI





Je n’ai jamais joué avec des soldats de plomb

Je n’ai jamais connu le bonnet d’âne

Je n’ai jamais monté de trains électriques

Je n’ai jamais entendu quelqu’un me dire

-Mais tu es dans la lune ou quoi !

(ça c’est moins sûr)

Ceci pour l’enfance





Je n’ai jamais été au Guggenheim de Bilbao

Mais à celui de New York

oui

Je n’ai jamais vu et entendu

Coltrane Monk et Miles Davis

Mais Schepp Garner et Portal

oui





Je n’ai jamais été au Mur des lamentations

ni à la Cité interdite

Mais à Macchu Picchu à Delphes et à Brasilia

oui

(il y a mensonge sur un des trois)

Ceci pour la suite de l’enfance





suite au prochain jeu de l’imaginaire et du réel mêlés

(lecteur lectrice entre parenthèses tu as tout le temps aujourd'hui toi aussi
de jouer au jeu de J'AI JE N'AI PAS)
cet espace est pour toi