QUAND RÊVE M’ENVELOPPE DANS SON LINCEUL

manuscrit
photo tronquée
écriture et « hypnographies »
à l’encre de Chine
Dorio 16/05/2020





Je me réveille je perds le fil
Du rêve qui était en train 
De me tisser une de ses histoires
Où il m'enveloppe dans son linceul
Pour me rendormir oublier Rêve
Je me mets à compter
Les grains de sable de l'Univers
Qui nous regarde
Compter ce qui n'a ni début
ni fin

Je me rendors je me réveille
Et même "entre" ces deux temps-là
J'aide le vieil écrit a tisser sa toile
Fantôme errant dans sa bibliothèque
Qu'un autre que lui nommait
Sa librairie

Ainsi vivace le corps écrit
Pense ses plaies
Marche sur les braises
De ce volcan
Qui peu à peu
S'apaise
16 mai 2020

CEUX QUI COUSENT ENSEMBLE DES CHANTS NOUVEAUX

ÉCLAIR DE NUIT
Il a brouillé l'image venue du satellite
Hier il faisait sauter les plombs
Et maintenant après l'orage
éclair de nuit
sont les trois mots d'un poème incertain
Mais dont tous les choix pour la suite sont permis
pour l'esprit qui ruse et qui divague

Je m'inspire ainsi d'un ouvrage lumineux
sur Homère
notre père
d'un mythe qui ouvre, mais de manière réglée,
à la variation, à la fantaisie*

Qui fait suite au  "déconfinement"
pour ceux qui ont intégré le slogan 
Restez chez vous
comme un manque une perte
de leur vie quotidienne

Mais sous les mots ici
tout au contraire
un vivant à poursuivi l'envie de lire
et d'écrire des poèmes
ou des textes approchant
le désir des rhapsodes :

Recomposer le monde
Qui sans cesse se défait
Le tisser de ces pièces 
qui cousent ensemble des chants nouveaux




*HOMÈRE 
Pierre Judet de la Combe

premier jet
puis dessin en vis à vis
Dorio
15 mai 2020
02h20

MAI 68 Ç’AVAIT ÉTÉ UN AUTRE TEMPS





68 renversé c’est 89





Ç’avait été un autre temps

Le temps des cerises si vous voulez

Ç’avait été le temps

Celui des cadences rompues

Et des rougeurs au front

Dix ans qu’on s’était rien dit

Bonjour bonsoir ça va ?

Dix ans qu’on s’était laissé attraper

À notre transistor

À notre bagnole

À notre Gogole

À la femme qui veut une machine à laver

Au tiercé

Dix ans qu’on achetait achetait achetait

Dix ans qu’on consommait consommait consommait

Ç’avait été le temps où revenait le goût de ce type

qui rit qui gueule qui en a marre

et qui le dit

Le goût de l’homme

Et de la femme qui veut se libérer

Ç’avait été le temps de la Fraternisation

Vous entendez ?

La Fraternisation





un poème écrit au vif de Mai68

et aussi (de mémoire)





Nous allâmes aux fêtes de Mai

L’âme agitée d’une joie sans pareille

Nous allâmes aux fêtes de Mai

Jamais nous ne serons les mêmes





MAI 68
encres acryliques
Dorio
14 mai 2020

UN PETIT POÈME QUI NE SE VOIT PAS





« Le poème ne meurt pas d’avoir vécu; il est fait expressément pour renaître de ses cendres et redevenir indéfiniment ce qu’il vient d’être. »     

Paul Valéry





Un petit poème qui ne se voit pas    Un petit poème qui se mord les doigts

Un petit poème qui a le fou rire       Un petit poème plutôt infantile

Plutôt infantile mais qui sait profond ?    Plutôt infantile à saute-moutons

Plutôt infantile mais qui fertilise         Trois arpents de soi qui fleurissent déjà

Et l’on peut si l’on veut bien continuer          Et l’on peut sans rimes ni raisons

Sous sa cheminée souffler sur ses braises   Mais surtout s’il vous plaît sans faire de fumée

Car il s’en irait le petit poème                          Ce petit poème qui ne se voit pas…

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Tableautins à l'aquarelle
et ce qui s'en suit
sur l'espace Rêveuse de Mots
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