COMMENCER

 
 
 commencer
 c’est toujours un début qui n’en finit pas
  
 commencer
 comment c’est chez toi ?
  
 commencer de zéro
 ici et pas ailleurs
 maintenant et pas demain
  
 commencer
 en se disant que personne n’a jamais écrit ça
  
 commencez sans moi le Banquet
 dit Socrate
 arrêté extatique
 réfléchissant à l’on-ne-sait quel phénomène
 sans bouger
  
 commencer
 art visuel
 ponctuel
  fraternel
  
 commencer  
 finir n’est pas
 programmé


   

Commencer ce commencement qui n’en finit pas

Commencer comment c’est chez toi ce matin ?

Commencer c’est toujours une naissance

Commencer de zéro ici et pas ailleurs maintenant et pas demain

Commencer main tenant ce stylo noir de promesses

Commencer pour tâcher d’y voir clair

Commencer ce que personne n’a écrit avant toi

Commencez sans moi le Banquet dit Socrate arrêté extatique

Réfléchissant à l’on-ne-sait-quoi sans bouger

Commencer : finir n’est pas programmé

T’IMAGINES C’EST PAS RIEN

t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ? c’est trop long à t’expliquer

t’imagines c’est de l’occitan al lum rossèl d’una candèla censada eccartar la tronanda*

*à la lumière rousse d’une chandelle censée éloignée la foudre Ives Roqueta

t’imagines c’est chacun de tes doigts sauf l’index mis en quarantaine dans les caves du Vatican

t’imagines c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse* il n’y a qu’un pessoïen pour trouver ça

*o meu poema teve un esgotamento nervoso Daniel Jonas

t’imagines sur une malle du grenier un chat-huant fumant la pipe de Magritte

t’imagines c’est l’horloge qui tourne dans la tête tranchée par la grande aiguille

t’imagine une voix d’outre-tombe qui déchire le papier

t’imagines tantôt la vie tantôt la mort et au milieu coule un fleuve noir

t’imagines des lettres minuscules qui magnétisent ton bas de casse

t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ? t’as qu’à tout relire

c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse

 
  
 t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ?
 c’est trop long à t’expliquer
  
 t’imagines c’est de l’occitan
 al lum rossèl d’una candèla censada eccartar la tronanda*
  
 *à la lumière rousse d’une chandelle censée éloignée la foudre
 Ives Roqueta
  
 t’imagines c’est chacun de tes doigts sauf l’index mis en quarantaine
 dans les caves du Vatican
  
 t’imagines c’est un poème qui a fait une dépression nerveuse*
 il n’y a qu’un pessoïen pour trouver ça
  
 *o meu poema teve un esgotamento nervoso
 Daniel Jonas
  
 t’imagines sur une malle du grenier
 un chat-huant fumant la pipe de Magritte
  
 t’imagines c’est l’horloge qui tourne dans la tête
 tranchée par la grande aiguille
  
 t’imagine une voix d’outre-tombe qui déchire le papier
  
 t’imagines tantôt la vie tantôt la mort
 et au milieu coule un fleuve noir
  
 t’imagines des lettres minuscules qui magnétisent
 ton bas de casse
  
 t’imagines c’est pas rien c’est quoi alors ?
 t’as qu’à tout relire
   

AU PRÉSENT SCINTILLANT

écrire chaque jour

c’est se mettre en jeu

oublier son moi-je

en recopiant des citations

en traduisant

en inventant comme à l’instant

ce qui ne s’est jamais écrit

en laissant aller ses fragments

qui nous déportent

vers on ne sait trop quoi

vers on ne sait trop qui

J’ai beaucoup lu. J’ai beaucoup vu. J’ai beaucoup dit. Je ne comprends toujours pas. Je ne comprends presque rien. Presque. Je continue. Je cherche loin des pièges et des concepts plus obscurs qu’une forge désertée. Loin des singes grammairiens qui bombent leurs poumons vides. Je reconnais les poètes à leur innocence essentielle : leur refus obstiné des réponses, leur amour de la dispersion et du secret, du rire et du monde reconstitué dans quelques mots confrontés à Nature. Quelques-uns affirment même que « Étoile n’est pas un nom ». Ni, Mer …sans doute.

Et Amour ? Et Mort ?

La Poésie dit…ne peut être qu’une formule.

On fait.

Toujours au présent scintillant…d’un noir inscrit sur la mer…entre les vivants et les morts.