CE SERA UN ONZAIN





Ce sera un onzain

Une fois une seule

Ce sera un zinzin

Qui fait tenir la nuit

Non une forme vide

Illusoire ou putride

Mais métaphore vive

Qui fait tenir le monde

La fleur inverse

D’un troubadour passeur

De rimes et d’amour zen





un onzain dit « une fois une seule »




chanson zen

PASSER COMME NOS PEINES





le fleuve est pareil à ma peine

il s’écoule et ne tarit pas

Guillaume Apollinaire





Passer comme le fleuve

Qui est de temps et d’eau





Passer comme les visages

Des vivants et des songes





Passer comme la barque

Du berceau du cercueil





Passer comme ces vers

Qui filent l’anaphore





Passer comme les humains

Qui en nos temps de détresse

Continuent d’échanger

Leurs métaphores vives






	

SYMPHONIES INACHEVÉES





Symphonies inachevées

Traces spirituelles





Je lis je veille

Je mets le feu

Aux milliers de poèmes

Qui me tombent sous les yeux





C’est vous l’aurez compris

Prétexte à métaphore

Et même un peu plus

Si j’en crois la pratique

Des indiens d’Amérique

Que je vis mélanger

Les cendres de leur mort

Avec du miel de couleur noire





Un rituel pour dire adieu

à leurs mémoires

(Personne n’est obligé de me croire)





Symphonies spirituelles

Traces inachevées





La nuit fait feu

Sur mon langage

Le chaman agite

Son hochet

DANS LA NUIT INDÉCISE JE CHERCHE LA SORTIE

  Je ne cherche pas je trouve
aurait dit Picasso
je cherche l’or du temps
orne la tombe d’André Breton
je cherche après Titine
Titine o ma Titine*
 
*une chanson de cafconç en 1917
auteurs Bertal-Maubon compositeur Léo Darniderff
 
 
je cherche sans chercher
sans l’intention de trouver quoi que ce soit
même si on ne sait jamais
 
je cherche à travers les formes
ce que sans elles
je ne saurais dire
 
 
je cherche rien de plus
je cherche rien de moins
tenue correcte exigée
pour descendre à la cave
où l’on dit des poèmes
avec des fleurs au bout des dents
 
je cherche dans toutes les gares
fermées depuis longtemps
Monnet à Saint Lazare
et Guillaume au Départ
 
je cherche les mains ouvertes
qui accueillent mes joies et mes pertes
je cherche un mur pour pleurer
ah ah ah ah*
 
*Anne Sylvestre
 
je cherche ce que seule peut dire
une métaphore vive
salive de spettri*
d’un renga
crachée par le poète Sanguineti
 
*salive de spectre
 
je cherche en traçant
ce cercle de craie
dont je ne connais pas
la sortie