COMMENT COMMENCER





Comment commencer

Ainsi





Ça se fait ligne à ligne

Sur le papier

Première page de ces carnets d’écriture

Où passent un peu de vie

Des mots choisis ou qui nous choisissent





Une forme sensible

Qui est notre maintien.





La manière, à l’écart,

De lire intensément

En écrivant.





Avec des ratés

Les fins de vies paisibles, cruelles ou burlesques,

Mais sans ratures.





Commencer, se renouveler, nettoyer les outils, prolonger

L’inflexion des voix chères qui se sont tues.*





*Verlaine

ALLER SELON





Aller selon

les doigts sur l’archet

le bruit de la pointe fine

sur le papier poussière de lune





Aller selon

la ballade en poèmes du matin

le goût d’ajouter sa petite pierre

son grain de sel infime





Ce peu de mots qui précipitent

ou se diluent dans l’invisible





Aller selon





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AIMER L’UTOPIE

JJ Dorio
une version courte a paru
à Encres Vives
n°399 octobre 2011

AH! CE BLOG QU’IL FAUT ALIMENTER

Hypnographies Dorio 03/09/2020

AH ! CE BLOG QU’IL FAUT ALIMENTER !





Celui-là je le fais en douceur

Je l’écris hors service

– Ah! ce blog qu’il faut alimenter! –





Celui-là je le laisse aller

Ce sera un récitatif improvisé

– Tout sur l’écran  Rien sur le papier! –





Il n’a pas de faveurs particulières

Mais un raccolage de mots

– Tiens! il ne faut qu’un c! –





Ah! oui c’est plein d’exclamations!

De ces points qu’affectionnaient

Hugo ou Racine





Ô Seigneur! disait l’un

Ô ciel! répétait l’autre





Et maintenant que dire?

Hélas! dit Bérénice

Et maintenant que faire?

Brûler Phœnix…





et s’envoler!

LETTRE EN FORME TRISYLLABAIRE

original

Lettre en forme

trisyllabaire





C’est la fin

du mois d’août

pas de doute

On m’écrit :

Cher ami

que deviens-

tu tu tu ?

Écris-tu

en vers doux

ta marotte ?

De bon cœur

tes « épîtres

en absence »

du visage

de l’aimée ?

On m’écrit

Je réponds

Sur le pas

d’un silence

libérant

les bons flux :

J’avais peine

J’ai soulas

Ouverture

familière

de liesse

soudaine

-éphémère

mais certaine-

Dernier dé

Que je lance

Pour jourd’hui

Temps passé

Sur papier

Nous éclaire

Et nous lie

J.J.D.

« La plume en l’absence » Pauline Dorio
Le plus grand bien qu'ayant amis présents,
c'est s'entrevoir : puis quand ils sont exempts...
C'est la plume en l'absence

Charles Fontaine (1555)

UNE PAGE SUR PAPIER VERT

écrit tel quel 14/07/2020




Je m’égare sur ce papier vert, pailleté, que je remplis, au gré de ces pages.

Les pages d’un cahier rare, qui arbore toutes les couleurs.

Ici le vert, là le bleu, l’orange, le rouge.

Sauf le noir. J’ignore pourquoi.





Épicurien, Épidémie, Étymologie.

J’effeuille le dictionnaire à part moi.

Curieux de ce que je ne sais pas, non les définitions, qu’il suffit de lire,

mais ce qui cache derrière elles.





Le temps a changé paraboles en paroles.

Je les fais enfin s’envoler sans craindre de les  » peindre » (perdre…1° version).

Focs deviennent colombes.

Et cris du soir qui tombe, martinets.





Le temps a laissé son manteau…

Vers d’un de nos plus anciens poètes,

un quart de siècle prisonnier des Anglois,

et qui trouva en Poésie cette folie qui nous nourrit

de déchirures et de broderies.





Ardente et glacée. Utile et futile. Puérile et alambiquée.

La plume a glissé peu à peu au bas de la page.

Et la mer maintenant la recouvre…





14 juillet 2020