POÉSIE en lignes courtes longues à écrire

la poésie est aspiration
la satisfaction la tue

Pierre Reverdy




– Lignes courtes, longues à écrire…et invendables !

Mais pourquoi t’obstines-tu que diable !





– Mais pour mille raisons Gaston





Pour l’écart entre les mots et les choses

Pour la musique avant toute chose

Pour compte tenu des mots, le parti pris des choses

Pour mettre en fureur Machin et Chose

Pour le Capital Poésie dont les voix et les livres

ont la précarité des choses frivoles                                                                            

futiles utiles et vaines

précieuses et folles





– La chose est entendue

Mais ce qui me chiffonne

C’est que ta cause soit irrémédiablement perdue !





– Perdu pour perdu je signe et je persiste

à chercher l’or du temps

en ces lignes courtes

longues à écrire

ou nageant de page en page

je puis, chemin faisant,

me débarrasser de mes idées

qui passent et repassent





Toujours en mouvement

Et dans l’émotion

Qui font l’essence de la poésie

FADAISES IMPASSES COMMENT Y VOIR CLAIR ?





Je relis mes fadaises

Elles sont faites des mille et une voix

posées ici

sur ce mode d’emploi imaginaire d’une poésie

en train de s’inventer





Je provoque les étincelles de mes roues à aube

avec le bois du cèdre et le torrent des œuvres

qui les fait continûment tourner :

Libérez-vous de servitude et de vos idées arrêtées

Et passez outre la confusion et la discorde

dictées par la rumeur du monde





Je relie mes impasses

À la trop grande impatience

Qui pousse à la rue les égarés

Dialogues de sourds Refus de s’accorder





Je tâche d’y voir clair

Dans les choses inconnues

Qui viennent de ces mots

Qu’il faut apprendre à taire

Quand tout est confusion





Mais quand je les confie au papier

J’oublie toute prudence

Et laisse résonner

 Un parler ouvert ouvre un autre parler et le tire hors

Comme fait le vin et l’amour*





* Montaigne

PETIT FORMAT PETIT PAYS









Petit format petit pays

De poésie que l’on déplie

Rimes volées aux souvenirs

Ou à un rêve chimérique

Qui te réveille te secoue

Et te laisse baba





Petit format petit pays

Tu te souviens de la chanson

La na céu bo é um estrela

La bonne étoile d’Évora

Cesaria la Capverdienne





Petit pays petit format

Un pays doux doué d’amour

Et menacé de solitude

Spleen que Baudelaire nomma

La courtoisie d’un troubadour

Un vers tissé d’incertitude

















hypnographie 4/8

DIRE DE LA POÉSIE

dire de la poésie
écrit tel quel 21/04/2021








SANS TITRE





Dire de la poésie…un petit feu pour maintenir

son souffle…c’est un sonnet dit

en pleine nature…au-dessus d’un lac

des Pyrénées ou des Andes…

c’est autour de minuit





Dire de la poésie…son corps immense…

faisant bouger ce qui a déjà été écrit…

hier…il y a cent ans…ou mille





Dire ce qui n’a jamais été dit…même

par celui ou celle qui…chemin faisant…

ont écrit ce sonnet raccourci…

qui saute la dernière ligne…

sans personne pour l’écouter…

sans titre





(une repasse sur le clavier avec quelques retouches)

POÉSIE FEINTE POÉSIE VRAIE









la véritable poésie est la plus feinte




La véritable poésie est la plus feinte

Feintes, mots changés en images de belettes

ou de chameaux, comme la forme des nuages,

Songe une nuit d’été le personnage de Hamlet.





Poésie au couteau sans manche et sans sa lame

Lame de fond changée en étoffe lamée

D’hyacinthe et d’or le monde s’endort

Hypotypose Ordre et Beauté là, mais.





Et que dit le silence entre deux quatrains

Quand on secoue avant la reprise

le kaléidoscope de nos figures ?





Tableau en trompe l’œil

Anamorphoses.

Tant va le vers vers sa métamorphose

Qu’à la fin il s’envole ou se brise.





Italiques Baudelaire