Proust était malade à en crever mais pour l’oublier il tapait toutes les nuits sur le tambour de phrases qui n’en finissaient pas Puis sans crier gare il entendait la vie qui dehors à l’aurore reprenait Alors il posait plumes et encrier et appelait Céleste Il lui disait l’œil malicieux Céleste j’ai une grande nouvelle à vous annoncer Cette nuit après avoir trouvé le fin mot j’ai écrit le mot FIN Et ils riaient tous les deux comme des bossus
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LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES
LE SEL DONT ON FAIT LES POÈMES
Au cœur de la ressemblance, la différence, l’ambiguïté du soleil noir, le miel de la mélancolie. Les mots s’en vont dans la nuit blanche, jouer du coude, mettant à nu les facettes de tous nos clichés. Sur la balance de nos lubies, ils nous promettent d’être nuages, brassées de fleurs, constellations des Pléiades, alternativement mâles ou femelles. Au cœur de la différence, la ressemblance qui rend la mer folle de ce sel dont on fait les poèmes.
L’ANGELUS DU SOIR
L’ANGELUS Marcel Proust écrit dans Les Plaisirs et des Jours, À toutes les époques de sa vie, dès qu’il entendait le son lointain des cloches, il se rappelait malgré lui leur douceur dans l’air du soir, quand, petit enfant encore, il rentrait au château, par les champs…Moi qui suis fils de paysan, j’ai entendu aussi les cloches du soir sonnant l’angelus, alors, qu’enfant je ramenais de leur prairie, les deux ou trois vaches de mon père, vers l’étable où il m’attendait pour les « moudre », (les traire). Mais avant, c’était un plaisir que n’a pas connu ce cher Marcel, je les amenais s’abreuver à l’Arize, la rivière de mes douces rêveries.
L'ARIZE La rivière de mon village N’est dans aucune anthologie Ni Nil Garonne Ni Don Neckar Tamise Meuse Ni Seine Amazone Mais c’est ma rivière Où j’ai appris à nager Pêcher Rêver Où j’ai été sa forme changeante Et ses couleurs Elle sort cette nuit de mon lit Et fait ses ricochets Arize Arize Arize De rive à rive De berge à berge Comme une gravure Qui mord et creuse Ce poème électrique À contre-courant Ni Nil Ni Don Mais de toutes les rivières du monde Mon bel affluent
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AU LECTEUR
AU LECTEUR Confidences d’un poète petit vieux Je suis un petit vieux qui a cent cinquante ans Employant certains mots que peu de gens comprennent La lésine, les helminthes et les lices. J’ai été ce qu’autrefois on appelait un poète Fumant fier son houka Offrant à ses lecteurs Un pot de fleurs malignes Pour faire passer l’Ennui Ce monstre de tout temps Mes lignes en sont témoin Dont voici la première : La sottise, l’erreur, le péché, la lésine… Avec deux fidèles et stimulants lecteurs qui ont lu au moment où il fut « posté » pour la première fois ce poème sur le blog poésie mode d’emploi : Parle encore Charles, ô, lecteur ! Michel Chalandon 24 août 2001à 6h42 J’inverse un mot de Marie-Paule Berranger que je crois qui te va bien, compadre: « Insaisissable comme la libellule, la poésie montre le chemin de la liberté » Jorge Castro 24 août 2011 à 11h 19
ÉCRIRE APAISE
Écrire apaise. Écrire accompagne nos fantasmes et nos fantômes. Écrire contrairement à parler -ce qui est dit est dit- autorise à la fin de la page à déchirer le mal écrit. Écrire désarçonne. Écrire nous force à chercher notre assiette. Écrire nous forme. Écrire un roman (de Renart) se fit dans la jubilation du désordre. Écrire c’est toujours lire ailleurs si j’y suis. Écrire c’est maille à partir avec soi-même comme un autre. Écrire c’est faire une enquête de terrain sur l’organisation sociale des peuples sans écriture. Écrire c’est trobar leu-chanter clair et trobar clus– pour les initiés. Écrire c’est chaque nuit en résidence non surveillée dans son lit. Écrire c’est sans écrire en marchant sur des chemins de fortune écoutant des conversations diffusées sur France Culture en podcasts. Écrire c’est la mère des batailles de la langue toujours toujours recommencée. Écrire c’est cette présence qui nous a fait oublier chemin faisant que l’on écrivait.