GESTES BARRIÈRE





Gestes barrière Arrière Corona !

Geste du desdichado : se pendre au réverbère.

Geste chimère : ôter ses sandales d’or

et plonger dans l’Etna.

Geste Molière : se parer de son habit de scène

pour sa dernière représentation.

Geste Voltaire : sauver la mémoire de Calas.

Geste en l’air d’un calligraphe

qui mime le vol des oies sauvages.

Geste incongru : aux chiens j’apprends

la Rhétorique.*

Geste tout court : il court il court

le gibier du texte,

que nul chasseur n’attrape,

lançant en vain ses rets

de Sémantique.





*Mathurin Régnier (1573-1613)





25/01/2021

LE TEXTE VA





Désirable ou indésirable le texte va

La main l’agite dans tous les sens

Toutes les nuits cherchant l’ouverture

Comme l’acteur sur le plateau

Qui se confronte à Alceste ou Galilée.





Indésirable ou désirable le texte coule

Il passe il ne fait que passer

Dans l’encre et dans cette plume

Qui se perd dans sa page

Ou bien saisit l’occasion

d’une trouvaille inespérée.





Cette nuit c’est repos et répit

Les fantômes se lassent de tourmenter

la personne écrivant

qui ne revendique pas l’ « être »,

mais le passage,

d’un texte à l’autre,

ouvrant ainsi son singulier chemin.





24/01/2021

L’ARC ET LA FLÈCHE

agenda du 18 au 24/01/2021




Lundi 18/01/2021

6h21     Mélanges. Les livres lus, avant de fermer la lumière et les yeux pour (essayer) de dormir, se mélangent dans la tête. Là, je rencontre un Espagnol qui me dit s’appeler « Avion »(sic). Je lui indique les toilettes, je vois sur la porte « Cabineto », ce mot qui n’existe pas. Le livre de chevet de Molina, « Un andar solitario entre la gente », me travaille.       6h33

Mardi 19/01/2021

7h10      En 2 clics de souris, j’ai obtenu un rdv pour me faire vacciner à Aix en Provence…demain ! Je suis allé repérer les lieux hier, c’est au-delà du pont de l’Arc. (El arco y la flecha » Octavio Paz. (la « flecha » c’est « la lira », la lyre d’Orphée)       7h12

Mercredi 20/01/2021

7h40    Question au réveil : « Quels sont les aléas du hasard ? », traitée par Etienne Klein, dont je me plais à écouter « La conversation scientifique » sur F.Cul(ture). Az-ahar : le dé à jouer (et ses probabilités). Ainsi, on peut relire d’une curieuse manière le fameux titre de Mallarmé : Un coup de dé jamais n’abolira…le jeu de dés. Ou encore, se laisser porter par les parfums del azahar, la fleur d’oranger dans la langue de Lorca.        7h48

Jeudi 21/01/2021

6h45      À 18h05, j’ai eu ma première injection du vaccin Pfizer/BioNTech, dans un grand gymnase où joue l’équipe locale de volley. Nul stress. Organisation impeccable et aimable. Deuxième injection prévue pour le 17/02. Croisons les doigts.     6h47

Vendredi 22/01/2021

11h57   Travaux de bureautique. J’avais perdu l’ouverture de Word, et donc l’accès à mes centaines (pour ne pas dire milliers) de textes, semés ici et là, qui me sollicitent et que je reprends, reprise, pour les améliorer…ou les éliminer. J’ai galéré, essayé, cherché…et à force trouvé l’ouverture. Comme aux U.S. où après le calamiteux Trump,  tyran de la télé-irréalité, Biden le nouveau Président, Kamala sa Vice-Présidente et leurs ministres appuient sur la touche Reset, pour la Renaissance d’une démocratie américaine que leur prédécesseur a laissé en lambeaux.        12h01

Samedi 23/01/2021

7h12      J’entends le souffle rassurant du convecteur que je fais osciller entre 18 et 20 degrés. Je suis en train d’essayer de lire Chronos de l’historien François Hartog. Pas simple, mais je persévère. Après la triade grecque, Chronos/Kairos/Krisis, voilà venu le temps impulsé par « la petite secte d’un Christ Apocalypticien ». Tout un programme.              7h16

Samedi 24/01/2021

8h53      « Roulant des pensers qu’on ignore », ce vers de Banville, chanté par Brassens. (une autre ballade de « pendus », mais cette fois du roi Lou-is). « Pensers » qui tournent quand  nos rêves « prenant la main », on ne sait plus bien qui l’on est, d’où l’on vient. Je revois la tapisserie de Bayeux (une broderie sur toile de lin avec des laines multicolores), avec son bestiaire fabuleux, ses soldats « taillés en pièce » ou « fléchés dans l’œil », ses navires et vaisseaux à l’assaut de l’Angleterre et l’œil de la comète de Halley, qui « promena » dans le ciel du 24 avril au 1° mai 1066.           8h58


	

FINISSEUR





Loin de la tête de course, ma vie durant, n’ayant jamais fait le forcing pour obtenir le premier poste, me voilà, vers la fin, athlète inconnu, mobilisant comme, jamais, mes ressources d’expression et d’énergie, pour terminer, au mieux, et de manière inespérée, « la compétition ». (un terme qui n’a jamais appartenu à mon vocabulaire).

Mais pour le reste, je ne crois pas, que vous vous me voyiez sur la photo d’arrivée.

Quand on a fait l’expérience du malheur, nul besoin de croire aux miracles.

(Un dictionnaire à part moi) 
recueil en cours