VERS PLUTÔT CHINOIS

pages originales




Cette nuit je sors les vers

De derrière les fagots

D’un poète chinois ivre





À vrai dire je n’y comprends rien

Traduttore traditore

Leurs caractères calligraphiques

Ont disparu dans notre abécédaire





Mais je m’accroche aux branches

Au-delà des mots écrits

Je cherche la parole de celui

Qui dans son ivresse les prononça





Alors un instant vient où la lune d’hiver glisse

Sur les livres de ma bibliothèque

Au point de les transformer

en Acherontia atropos

(Sphynx tête de mort)





J’imagine qu’ils vont aller rejoindre

Les rêves d’un calligraphe inconnu

Qui me ressemble comme deux gouttes

Plus noires que la nuit





14/01/2021

LE CHANT LA NUIT SOUS COUVRE-FEU





Le chant la nuit

Dans la ville morte

Sous couvre-feu

Jeté sur ce papier

Qui défie les écrans

Qui se déploie

Oiseau phénix





Le chant douleur

Que laboure l’écrit

Les cris du nouveau-né

Ce poème grinçant

Que traverse le temps





Le chant la passe

Le geste tant de fois

Esquissé frayant

Avec l’espace

L’instant précieux

D’un poème innocent





Le chant transcrit

Sur ce papier

D’où s’envole

Telle une braise

La dernière métaphore





13/01/2021

manuscrit avec ornement « hypnographique » jjd 14/01/2021

JOURNAUX CARNETS…EN MARGE





Journaux carnets…en marge

dans la chambre obscure…

où la lumière ne peut entrer

que par un trou

d’un pouce de diamètre…

pouce…





dans la chambre claire…

qui éclaire nuit et jour…

las fielairos (les fileuses)

d’une chanson de métier occitane





Carnets journaux…que l’on dit intimes…

écrits en boucle…du bout des doigts…

de nos années noires…

à la lumière de notre langage

confronté à nos réminiscences…





mises en abyme…

qui font figure de sauts à l’élastique…

pour rire…

un « je » décentré et joyeux…

et pour pleurer…

l’inflexion des voix chères qui se sont tues*…





*Paul Verlaine

12/01/2021




AGENDA 2021





vendredi 1° de l’An

5h31        L’année sera belle…ou ne sera pas. J’ai un bel agenda.

Je viens de « poster » : « An qui passe An qui vient.»

Entre Carnaval et Danse macrabe.(sic)

Je fais un poutou à ma bien-aimée.                5h34





samedi 2/01/2021

2h56        « Mots arrachés », je viens de boucler mon poème,

en alexandrins boiteux.

Ma fille après minuit depuis New York m’envie une photo de la Skyline de Manahattan.

Avec André B. on s’est fait le même cadeau du nouvel an : Marcel Proust par Roland Barthes.

2h59





dimanche 03/01/2021

8h04        Je finis d’écrire « Trois janvier petit jour gris », en 7x5x7, sur un minuscule carnet.

Mes murs blancs comme la neige. (dernière ligne). Sur le blog, dans la nuit, j’ai posté :

« Le spleen de Paris », avec l’écart de légèreté qui s’impose, au Baudelaire, des Petits poèmes en prose.

Sinon : « Au col gelé Les yeux bleus de mon cheval Bleuissent » Ida Ryûta (1920-

8h10

jours écrits « tel quel » en boucle…du bout des doigts

COMPOSÉ À L’OREILLE





Composé à l’oreille transcrit sur le papier

Un fragment de ténèbres et de chant mesuré

Le risque de tomber d’un trapèze de feu

Métaphores brisées têtes dans la sciure

Des vers de nos poètes plus personne n’a cure





Composé à la feuille au bord d’un fleuve bleu

Où un papillon rêve les pensées de Tchouang Tseu

De la dernière indienne de la Terre de Feu





Passé comme un vertige le poème se rompt

Quelques roses de braises volètent à l’horizon





10/01/2021