LA MAIN CHINOISE

texte et hypnographies
01/06/2020

LA MAIN CHINOISE





« Voilà ces lignes qui à peine le temps d’y penser

Sont au cœur de mon petit métier »





La main chinoise

Si l’on veut





Je connais

toutes les histoires

de Tchouang Tseu





Celles du boucher

du charron

de l’empereur jaune

et les autres





Tous ceux

qui excellent

dans leur métier





Le mien

est petit

et j’en ai fait

un recueil publié

qu’heureusement

personne ne lit





Sauf ceux et celles

qui savent

que « petit métier » partagé

permet de supporter

nos vulnérabilités





Encres Blanches
n° 753
février 2019
« mon petit métier »
poème premier
les mots qu’on échange
avec je ne sais qui
qui lit je ne sais comment

CE SONT DES CAGES SANS OISEAUX

une page
de glyphes
et d’un texte
qu’il ne faut pas prendre
pour caractères sacrés

CE SONT DES CAGES SANS OISEAUX





Ce sont

des cages

sans oiseaux

les formes

parfaites

du vide

des vaisseaux

 démâtés

des lanternes

qui dansent

au bout

des cornes

des vaches de nos

Odyssées





Ce sont

des glyphes

qu’il ne faut pas

prendre pour

caractères sacrés

UN FLEUVE D’ART ET D’OR PAILLEUR

TEXTE ET HYPNOGRAPHIES
dernier jour de mai 2020
un dimanche unique

UN FLEUVE D’ART ET D’OR PAILLEUR





Un fleuve d’art

et d’or pailleur

Paille et poutre

De la cave au grenier

Du grenier

où l’on voit les Constellations

sur les 23 toiles roulées

par Joan Miró





Aujourd’hui

c’est dimanche

je me dis

quoique je fasse

il n’y en aura pas deux

comme celui-là





C’est le dernier jour de mai

deux mille vingt

J’entends la première tourterelle

de l’aurore

Mais je ne vais me hâter

de quitter le lit

Corps allongé

Plume arrêtée





Je dicte ce faux poème

à la secrétaire

Madame Puérilité


	

CE SONT DE GRANDES FLAMMES NOIRES

composition
texte et « hypnographies »
30/05/2020

CE SONT DE GRANDES FLAMMES NOIRES





Ce sont

 de grandes flammes

 noires

nées

d’une plume

offertes

aux ailes

des lecteurs

qui lisent

comme les facteurs

de la littérature

qui décachettent

les lettres

adressées

par Mme de Sévigné

au poète

Philippe Jaccottet

qui vit

rue de la Glacière

à Grignan

et qui aime tant

les paysages

sans figures

empreints d’une poésie

rare et inespérée