FABULETTES DEVANT LA MER FRISQUETTE

la douce mer était frisquette

La douce mer hier était frisquette

Sa plage de sable balayée par Saint Mistral

Je lui ai fait quelques dessins à la hâte

Puis avant que la vague ne me les mange

Je les ai photographiés

Je vous les laisse regarder

l’enfant au bois flotté

La douce mer hier par bravade

A apporté ses bois flottés

-Ils viennent d’Afrique et d’Asie

ai-je dit à mon petit fils

Il n’a pas semblé convaincu





On a marché sur les rochers

Les roches blanches protégeant le port des voiliers

Qui imitaient les cris des mouettes

Au large pétrolier gaziers chimiquiers

Attendaient leur tour pour être délestés

Arrimés sur un quai de Lavéra

Ils viennent d’Afrique et d’Asie

Cette fois Mathis a dit oui

Puis avant de partir on a chanté

Les p’tits bateaux qui vont sur l’iau

Ont-ils des jambes

Et dans l’auto bien au chaud

On s’est écouté Flocon papillon

Chanté par notre amie Anne

Qui vient de nous quitter

Mais non ses fabulettes

Que les enfants de mon petit enfant

Écouteront avec amour et reconnaissance

ad aeternam

un chat est venu nous visiter

POURQUOI CHERCHER MIDI À QUATORZE HEURES ?





POURQUOI CHERCHER MIDI À QUATORZE HEURES ?

Midi le juste y allume ses feux

Pourquoi chercher à voir les yeux fermés ?

Cansous vos poguetz ir por tot lo moun

(Chansons vous pouvez traduire le monde)





Pourquoi lire encor des vers inintelligibles

La lutte du déca et de l’alexandrin ?

Un courant d’air passe alors sur ma page

                Il touche à mes lignes





La mer est amère

Un cheval soudain s’y promène

Il hennit Nini

La perte du temps





Je me souviens que tu jouais Dolly

Cette pièce pour deux petites filles

Composée par celui qui par hasard

Naquit près de mon village natal

À l’accent rocailleux





                Un goût de cendres sur la langue

                                Je te dis Adieu





évocations Paul Valéry, un troubadour, Gabriel Fauré, Reverdy.

DES SIRÈNES À VAPEUR RAUQUES





L’œil voit l’image

L’oreille écoute le vers





Est-ce que ça te parle ?

En tout cas ça a de la gueule

Et puis c’est réversible





C’est l’excédent que produisent

des sirènes à vapeur rauques comme des huées





On est loin du marché bric à brac

de la poésie





L’œil voit le vers

et le rouge

L’oreille écoute l’image

du temps perdu

et retrouvé





Cette mer allée

avec le soleil





italiques

Blaise Cendrars (Pâques à New York) 1912

Arthur Rimbaud





JJD 28/09/2020

TRISYLLABES DE JUILLET





C’EST POUR RIRE DU TRAGIQUE AMBIANT





J’écris jui llet Yé yé deux mil vingt

Encore un destiné à la Môme du Néant

C’est pour rire du tragique ambiant

Rire jaune des Amours des Frelons pour la Reine

Rires verts des mots crus

Messagers aux aguets

dans le noir planétaire

Rire bleu dans la mer de midi

dans le cri des enfants subtils

Je finis J’ai rien dit Mais j’ai fait

L’exercice de juillet

20 hypnographies devant la mer à midi
26/07/2020

Je suis Su Shi Mi Fu Liu Yong Chen Honysou…
Mais le pinceau est devenu pointe noire
d’un feutre qui me fait entrer sur la page
par une porte dérobée. Brosser les mots
les signes et les traces souffles et vigies
sans repentirs Il faudra creuser tout ça.

UNE NUIT QUI N’EST PAS LA NUIT

je suis dans une nuit qui n’est pas la nuit
Je suis dans une nuit qui n'est pas la nuit
Une hirondelle de mer y passe imitant les mobiles de Calder
Je suis dans une nuit nue et sans mémoire
Cent mémoires brouillées par celles
des poètes lyriques qui jadis se confiaient

Je t'ai aimée
Je t'ai perdue
Tu étais mon île
J'étais ton poète béni des dieux

Je suis dans une nuit qui n'est pas la nuit
C'est une sentinelle un sentier une fleur
Un oiseau qui émigre au-delà des mers