ARTICLE RÉSERVÉ AUX ABONNÉS ABSENTS





Article réservé aux abonnés absents

Encore un poème que Personne lira

Ça me fait une belle jambe

Il a son masque Corona

Devant mon papier

Qui fait des sauts et des gambes





Encore un poème aux abonnés absents

(l’alexandrin a perdu sa syllabe)

Poésie devient l’objet des médisants

C’est pour eux du chinois de l’arabe





Moi je l’assois chaque jour à ma table

Elle parle et déparle de travers

Saoule d’un rêve insatiable

Qui forme et déforme mes vers





20/11/2020

parole réservée aux abonnés présents

LE PLUS BEAU LIEU DU MONDE





Le plus beau lieu du monde

est là dans mon poème,

dans cette forme ronde,

manège de soi-même,

dont le cogito vagabonde

de ligne en ligne

de vers en vers,

dans ce que j’imagine

chez Nerval ou Prévert.





Je suis le desdichado,

Je suis comme je suis,

Je suis ce que je pense,

Ce nom qui me transcende,

Dans tous les lieux où je fus,

l’espace et le temps d’un poème,





Je suis cette personne autre,

Cet étrange étranger,

 Habitant cette langue « fraîchissante et rose »*,

Du plus beau lieu du monde.





*Marcel Proust

le plus beau lieu du monde est là dans mon poème

	

SANS NOM D’AUTEUR SANS TITRE





Pas de nom d’auteur

Pas de titre

Mais des lignes qui parlent

D’une certaine voix





De la voie

Du souffle de l’alphabet

Rue de l’épée de Bois





De Personne

Et de son masque

Sur la scène d’un théâtre

De Covid tête de mort





De la modestie de cette main

Qui écrit sans raison

Comme le lecteur anonyme

Qui passe

Ou s’arrête perplexe





Le rouge au front

MAIS DES LIGNES QUI PARLENT d’une certaine voix

ET QUAND PERSONNE NE ME LIRA





ET QUAND PERSONNE NE ME LIRA

Tout change sans cesse, rien n’est stable.

C’est un plaisir toujours renouvelé que de savoir jouir de nos lectures.

Celle du fils de Pierre Eyquem, qui s’inventa le nom de Michel de Montaigne,

devient peu à peu, les ans passant, une de mes préférées.

Beaucoup de passages me sont obscurs faits de « pièces décousues »

comme il disait, non sans malice, mais j’y reviens, je les relis et les relies

à celles pour qui j’ai plus de facilité à suivre son «allure poétique »,

à sauts et à gambades, comme disait ce cavalier émérite.

Je le parcours à sa manière, naturelle et ordinaire, sans contention,

mais je ne le lis jamais sans éprouver le besoin de passer à mon tour, 

à une écriture qui « tient registre » de mes instants, d’une vie bien à moi,

qui en est « la matière ».

Une écriture, qui ne va jamais de soi, faite d’ajouts, de reprises et de pertes.

Mais qui me tient et « m’engage, à (ce) registre de durée », sans fin…et sans reproches.

« Et quand personne ne me lira », écrivait, ou dictait depuis sa tour « librairie », Montaigne.

Formule évidemment qui hameçonne son lecteur, mais que je reprends ici, volontiers,

en ces temps où le « numérique » me permet de dévoiler pour autrui mes fantaisies,

sous forme de poèmes, « essais » avec un « e » minuscule, « dictionnaire à part moi »… 

dont je ne cherche aucune faveur dans le monde littéraire, mais dont je sais gré

à quelques lecteurs et lectrices bienveillantes de les accompagner

de leurs prolongements passagers.





Adieu donc, à Martigues ce 1°novembre 2020

UN DICTIONNAIRE À PART MOI  (travail en cours)

et quand personne ne me lira
lecture à voix basse

PERSONNE N’EST CAPABLE DE SONNER LA FIN DE LA PANDÉMIE









Marianne Renoir Anna Karina Jean Luc Godard

Demandez le programme de Pierrot le Fou

Du peintre Auguste Renoir et de son fils Jean

Qui tourna Nana (1926) Bovary (1933) Toni (1935)

Qui se passe pendant la construction du pont

de chemin de fer qui enjambe le chenal de Caronte

aux Martigues où l’inconnu qui prose ces lignes habite 





C’est fou d’écrire ça non ? « C’est bien plus fou que ça »

dit une autre Marianne Renoir à Octave Milton

qui s’empresse de le transférer par conversion numérique

à son ancienne amante amie mentor Livia Colangeli*





Mais foin de Cinéma et de Littérature (tout le reste)

La cavalerie de l’armée du vers**

Passe et repasse sur ma page

Cette énergie engendrée par le rythme

et la rime de mille ans de poésie française

que plus personne à présent réellement ne lit





Personne pourtant ce n’est pas rien

C’est le héros de l’Odyssée

Complètement timbré

De vouloir revoir sa Pénélope Renoir

Après la Guerre de Troie

(Au fait a-t-elle bien eu lieu ?)





Et « personne » c’est le masque du Covid

notre actuelle tragicomédie

« Per Sonare » croit-on en vain

la fin de la pandémie





(à suivre)

*Lise Charles (La demoiselle à cœur ouvert) 2020

*Jacques Réda (Quel avenir pour la cavalerie ?

Une histoire naturelle du vers français) 2019