CE QUI SOURD DE MA PLUME





Ce qui sourd de ma plume

plum plum tralala

Sous la brise d’un rêve

D’une histoire inachevée





Ce qui semble aller de soi

de soie et de rudesse

d’un papier cigarette

dont le filigrane glacé

entrelace mémoire et oubli





Ce qui sème les sons

Les cinq sens d’une voix

en absence

Blanche comme la nuit





Ce qui sourd ce qui semble

Ce qui sème les mots mués

en images évanouies





08/01/2021

À QUOI COMPARER CE MONDE ?





À quoi comparer ce monde ?                                                 

J’ai perdu les réponses

que je donnais naïf

Et sans la moindre ironie





À quoi comparer ce texte ?

À une barque légère

Qui vogue sur la rivière du ciel

Légère comme la rosée





À qui comparer celui qui a écrit

-vaille que vaille-

cette page ?

Un lecteur a dit

à un pêcheur d’étoiles

Une lectrice l’a emportée

dans la paume de sa main





07/01/2021

JE ME PERDS DANS MES PAGES





Je me perds dans mes pages

Celles qui ne me parlent pas

Celles qui ont la rime sauvage

Celles qui marquent le pas





L’hiver lisant livres sur livres

Sous ma couette

Je confonds les poètes

Qui m’enferment

Et ceux qui me délivrent





Je confonds hier et demain

La pierre de mes encres

Rouge d’un sang

Virant au noir





Le pinceau en souffrance

Rêve du geste candide

Qui viendra le libérer





06/01/2021

manuscrit premier jet / le pinceau et le geste candide venant le libérer

COMME UN TABLEAU NOIR





Comme un tableau noir de l’école communale

Le grand art enfantin à coup de craies plus blanches

Qu’un fond de Constellations de Joan Miró





Des étoiles de roses d’un sonnet de Ronsard

Étouffées par la mort qui nous a laissé choir

Un souffle un presque rien le cycle recommence





Comme ce tableau noir suscitant l’enjouement

Étude des trilles des vols d’engoulevent

Bestiaire des faucons hagards et crécerelles





Comme des lignes de naissances successives

Les sillons nouveaux les mottes luisantes les vers

Attirant les merles et les bergeronnettes





Les travaux et les jours la palette des nuits
Le temps est à la neige efface ce poème

Qui sautait à la corde d’un temps qui s’est perdu





05/01/2021

manuscrit + hypnographies

JE PARLE AU PAPIER

manuscrit orné de mes hypnographies




« Le parler que j’aime c’est un parler simple et naïf,

tel sur le papier qu’à la bouche… »

Montaigne





Je parle en silence au papier journal

Il dit noir je dis blanc à contre-courant

Je lui en fais voir de toutes les couleurs





Je parle au papier comme dit Montaigne

Dans sa tour en marchant

Faisant tours et gambades





Je parle en marge de mon cahier-journal

Où j’ai préparé mes leçons

pour la reprise des classes :

Leçons de choses et autres

Comment parler de ce que l’on ignore
Comment chasser l’intrus

Comment Socrate avale la ciguë





Je parle au papier toilette

En prenant mes aises

En lisant le journal des poètes insaisissables





Je parle dans ma tête

mais c’est d’une autre parlerie

qu’il s’agit





04/01/2021

je parle au papier (et à l’enregistreur de paroles)