SOUCI DE SOI SOUCI DES AUTRES





Prenez le temps de lire

Prenez le temps de vivre

Et de changer chaque matin

Vos pas de plomb

Pour les semelles de vent des poésies





Réveillez-les Réanimez-les

Et laissez-vous mener par le nez

De leurs petits soleils jaseurs

Qui ouvrent à la joie et à la fraternité





Il ne faut jamais céder

L’initiative aux maux

C’est pourquoi

Souffrance et solitude

Ont pour antidote

L’exercice poétique

Souci de soi

Souci des autres





C’est ainsi

Ne me demandez plus pourquoi













souci de soi souci des autres prenez le temps d’écouter

QUELQUES PAS DE CÔTÉ avec Montaigne





La conversation est une joute

Un exercice pour délier l’esprit.

Michel de Montaigne





Je rêve de Montaigne

Nous devisons Nous conférons

Il me conseille sur mes affaires

Mais à sa manière





Nous ravassons Nous rêvassons

Sur cette humaine raison

Instrument libre et vague





Je rêve à Montaigne

Autour du promenoir

De celle qui m’était

– comme il dit de son seul ami –

« la moitié de tout« 

Et dont la disparition

M’a dérobé sa part





Mais nous continuons

Rêveurs témoins

Faisant d’Essais

Sursauts





Sans aucune assurance

Que celle de l’imprévu

Et des pas de côté


	

MAIS QU’EST-CE DONC QU’UN POÈME ?





Mais qu’est-ce donc qu’un poème ?

Une forme qui va, rit,

pleure, sur l’allégorie

de la désagrégation

qui ronge toute pensée.





Un rituel où j’arrache,

vers après vers, le chiendent

d’un monde instable, hostile.





Un poème s’en dégage

Où la vie trouve un passage.

Son livre joue d’écritures

Qui mêlent la tradition

-ce pur don de soi aux mots

forgés par les grands poètes-

À l’invention d’un présent,

heureux, dans l’inachevé.





V.XI.MMXX





une voix et l’invention d’un présent heureux…dans l’inachevé

	

SANS NOM D’AUTEUR SANS TITRE





Pas de nom d’auteur

Pas de titre

Mais des lignes qui parlent

D’une certaine voix





De la voie

Du souffle de l’alphabet

Rue de l’épée de Bois





De Personne

Et de son masque

Sur la scène d’un théâtre

De Covid tête de mort





De la modestie de cette main

Qui écrit sans raison

Comme le lecteur anonyme

Qui passe

Ou s’arrête perplexe





Le rouge au front

MAIS DES LIGNES QUI PARLENT d’une certaine voix

À TORT ou À RAISON





À TORT, OU, À RAISON, je recopie ce début qui m’est venu, sans suite.

À tort, ou, à raison, me voilà accumulant les virgules. Il doit bien y avoir une raison.

Mais je préfère l’ignorer.

À tort, ou, à raison, ce que j’écris, là, est parfaitement lisible, du moins, en surface.

Tiens, comme les feuilles tombent sur les feuilles, dernier dimanche d’octobre.

À tort, ou, à raison, sous l’apparente hésitation, la réelle simplicité.

Sous le haïku, (négligé), les feuilles d’or de mon abricotier ;

je les ai vues, ce matin, 25 octobre 2020, se détacher.

À tort, ou, à raison, rien que des événements mineurs, en somme.

Si ce n’est, qu’en l’écrivant, mon esprit espiègle se souvient de Jean Mineur Publicité,

Balzac 0001.

À tort ou à raison, argent comptant, fausse monnaie ?

À raison ou à tort, mon texte est achevé.

les feuilles d’or de mon abricotier