Hypocrite lecteur, Mon semblable, Mon frère. Charles Baudelaire Jamais gagné Ce peu de mots Grapillés dans le champ D’un poème présent On songe aux Anciens la fleur de Mallarmé absente de tout bouquet Ou -plus réjouissant- l’humble présent verlainien 1 Jamais gagné Mais toujours là Étrangement Occupant nos esprits et travaillant nos corps Si j’en crois ce poète Qui cultivait les maux… Voilà j’y suis Je tire mes derniers fils Ma pièce esquissée Posée là… Et je file ! 21 mai 2022 1 Voici des fruits, des fleurs, des feuilles et des branches Paul Verlaine
AGENDA AMSTERDAM ANCIZAN amorce
NOTES ET DESSINS d’un petit agenda en toile de jute
acheté à Amsterdam (Pays Bas) le 29 août 1974
terminé à Ancizan (Hautes Pyrénées) le 6 mars 1975
Notre vie étant si peu chronologique, interférant tant d’anachronismes dans la suite des jours. Marcel Proust
…Écrire sur soi peut-être aussi une façon de s’effacer, comme un palimpseste sans transparence. Gérard Genette
Jeudi 29 août 1974 Amsterdam 7h30 pm Accueilli par un piano mécanique et deux singes tendant leur sébile Un noir vient d’essayer de me piquer le porteuf dans le petit sac en coton rouge que j’ai acheté à Barcelone en juillet Beaucoup de vélocipédistes le long des canaux Au Rembrandt Museum champ de blé aux corbeaux un des derniers acharnements de Vincent Avers sur Oise juillet 1890 qui ne sait pas encore qu’il va se tirer une balle de pistolet deux trous rouges au côté droit
Ven 30 août Bruxelles 7h pm Sur la Grote Place Un peu de chahut dans ses petites rues adjacentes avec un Vénèze qui joue du quatro en vendant sa camelote au sol Les gendarmes le visitant Des jeunes belges s’interpellent ainsi que le fils -dit-il- de l’ambassadeur de Hongrie Je refile du tabac Amsterdamer à une jeune anglaise qui fume la pipe à la Rimbaud
Sam 31 août Paris 7h16pm Des rillettes en lisant Locus solus Moules marinières au chaud dans sa casserole en cuivre
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AU PARADIS DES INNOCENTS
Les vrais paradis sont les paradis qu’on a perdus. Marcel Proust À l’arrache l’arrachée À l’ara des mots croisés À l’art secret d’un poème Qui fait de hasard nécessité À la fable du Temps Que l’on écrit sur nos tablettes de nuit (heures en suspens) À l’ardoise des enfants Où ils s’essaient à l’écriture C’était je sais il y a longtemps C'était au paradis des innocents 20 mai 2020
ÉCRIRE JUSQU’AU DERNIER CARRÉ
Sous l’Histoire, la mémoire et l’oubli,
Sous la mémoire et l’oubli, la vie.
Mais écrire la vie est une autre histoire.
Inachèvement.
Paul Ricœur
La main passe sur le sable
La page d’un jardin zen
Avec ses graves
Semées ici et là
Petites pierres
Petits cailloux
Scrupules que l’on planta
Sa vie durant
À genoux
Depuis l’enfance de l’Art
Jusqu’au dernier carré
Qui restera
-de toutes les manières-
Inachevé
AU BOUT DU CONTE
Au for de soi-même -« for intérieur » comme on dit- C’est fort de café Ou un pauvre faible signal Solitaire et glacé C’est comme la croix d’un chemin borgésien dans l’invisible labyrinthe du Temps For intérieur sans issue S’il n’a pas pour horizon L’écriture d’un texte Qu’une lectrice (un lecteur) sur cent Reprend (reprise) à sa manière Pour en faire son miel (au bout du conte) 18 mai 2022
