C’EST LE COUVRE-FEU





C’est le couvre-feu c’est le couvre-flamme

Restez chez vous jeunes et vieux hommes et femmes





C’est l’hôpital plein de patients en réa

Dont la vie ne tient qu’à un aléa





Souffle suspendu cerveau dans le vague

La mort la sale mort les drague





C’est le couvre-feu c’est le couvre-flamme

Restez chez vous jeunes et vieux hommes et femmes





24/10/2020

LES PRÉSENTS D’UN POÈME





Je n’écris plus que la nuit

La tête sur l’oreiller

Ma plume oublie qui je suis





Je n’écris plus que feuillets

Ivres de rimes à larmes

Ils sont sans finalité





Ce sont présents d’un poème

D’ellipses et de reprises

À l’écart et sans limites





Je n’écris plus qu’animé

Par cet instant où je mêle

Temps perdu et retrouvé





Où tout est vrai parce qu’inventé





21/10/2020

italiques : selon Charles d’Orléans et Marcel Proust.


	

SALLE DES PROFS (1)





SALLE DES PROFS, Gilles E., tout en fumant son cigare tordu (toscan), raconte la dernière blague belge, qu’il a entendu au bar du 14 juillet, hier soir. Mais, allez savoir pourquoi, ce matin, elle tombe à plat.

Liliane B., enchaîne alors, sur le dernier numéro du Débat. Il est traversé par l’analyse, (contradictoire, comme il se doit), du dernier « roman », «à la mode », « qui se vend comme des petits pains ». (Que de guillemets !).

C’est le bouquin, où, (pour aller droit au fait majeur), un musulman est élu président de la République Française. Une histoire, où, « les trois plans disponibles dans le jeu de la fiction, le personnage, le narrateur et l’auteur, est devenu un cas d’école ». Impossible de démêler l’un de l’autre. C’est la cause peut-être de son succès, ce qui révulse notre collègue, et qui confirme, selon elle, la « houellebecquisation » de la société.

À ce moment la cloche sonne, nous libérant d’une confrontation, qui, quand nous reverrons, s’annonce « musclée ».

« On nomme littérature, la fragilité de l’Histoire », …et de ces acteurs, fictionnels ou non.     

 





    

citations : Pascal Ory « Ce que dit Charlie », Patrick Boucheron « Prendre dates »

QUELQUES LICENCES POÉTIQUES et un vers sublime





QUELQUES LICENCES POÉTIQUES

et un vers sublime





Alphonse de la

Martine Aubry

La maire de Lille

La mer de Debussy





Verlaine qui a trop bu

Voit un loup sauter la haie

Comme on aime comme on hait

Et merdre dit le Père Ubu





Prévert des mille bouquets

Quand il joue au bilboquet

Pense aux filles aux mille beaux culs

Qui l’aurait dit qui l’aurait cru ?





Laurel et Hardy mangent des cafards

Qu’ils avaient pris pour des olives noires

Je bois du café et j’ai le cafard

Laforgue appelle ça l’humour des corbillards





Comme sur un billard à quatre bandes

Et d’énigmes en énigmes

Volent mes licences poétiques

Le paradis ayant l’enfer pour borborygme

Qui d’après vous sortit de sa plume ce vers sublime ?


	

C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





C’EST L’ÉPIQUE ÉPOQUE





Je laisse mon époque à d’autres

Plus d’un l’ont dit que l’on oublie

Ah ! l’époque est intéressante, notez bien

L’époque se moque des vers anciens





Je laisse mon époque et converse

avec mes lignes de vers nouveaux

qui s’avancent dans l’inconnu

dans le chaos





Je laisse ce poème mal barré

(mon gouvernail a cassé)

La langue cannibale me l’a mangé





Le titre est de Ferré

Le  vers en italique de Jean Paul de Dadelsen





RÉALISME LYRIQUE





« Lyrisme réaliste »

Mon oxymore ce matin

Me pince-mi

Me pince-moi

Me jette à l’eau

Je lis Frénaud

« Excrétions,

misères,

facéties .»

Réalisme lyrique

J’y suis





André Frénaud (1907-1993)





Il n’y a pas de paradis