ODE AUX POÈTES DES ÉPÎTRES





Parfois c’est court la forme casse l’esprit bavard

Bah ! Personne n’entre ici s’il n’est un peu poète





Poète ? Tu veux rire le poste est déserté

Entre le poème et toi il y a le monde qui te broie

Brouhaha brou de noix gaulée sur le noyer





Le noyé c’est bien toi qui nages dans l’obscur

D’une nuit blanche

Sous la neige

D’une « plume en absence »





« Poète dépourvu »

De lecteurs et de reconnaissance

Mais que main tient

Et sans art-gens

Écrits et cris
Rage admise

Par les seuls amis





nuit du 24/09/2020

« La plume en l’absence »
Pauline Dorio
(vient de paraître)

UNE MANIE DE POÈTES

manuscrit premier jet 22/09/2020




Les poètes ont la fâcheuse manie

De parler de leurs maladies

Je suis…cette vieille douleur

qui hurle par les yeux*





Manie, mania, folie,

ils en font des manières !

Douleurs, plaintes, ruades,

Chacun, chacune, font leurs livres de sable

où ils couchent leurs vertiges.





Je t’écris, je tressaille, je soubresaute,

déchiré, déchirant cette feuille,

que tu ne liras pas.





*Serge Sautreau

22-23/09/2020

UN VINGTE DEUX SEPTEMBRE

ce poème est dédié (lui seul sait pourquoi) à André Bellatorre 




poème du soir


dame souris trotte
un pentasyllabe
de Monsieur Verlaine

poème de laine

temps vertical que croise
la ligne de fuite des cœurs


c’est le soir tout simple
ment la musique du soir

de cette équinoxe

un vingte deux septembre

au diable vous partîtes

chantait Jojo Brassens





on ne sait qu’ajouter





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AIMER L’UTOPIE

Jean Jacques Dorio

réécriture fin de l’été-automne 2020





première version en format A4

Encres Vives n° 399

on peut encore la lire
pour 6,10 euros

Encres Vives

2 Allée des Allobroges
31770 Colomiers


LES DEMOISELLES DU TÉLÉPHONE





TÉLÉPHONIE

Tâtonnant dans la nuit, je quitte le bureau de poste où la voix aimée de Grand-Mère ne répond plus.

Ou bien, je crois entendre, mon oreille collée au récepteur, Orphée, répétant le nom de sa morte.

En paraphrasant ainsi, l’auteur prodigieux de la Recherche, je réinterprète alors, cent ans après, la partition des Filles de la Nuit, Messagères de la Parole, ces Demoiselles du téléphone, divinités sans visages.

Sans aucun affect, leurs voix volontairement douces, mais devenues, avec le temps, impitoyables, répètent ad libitum : « Il n’y a plus d’abonnée, au numéro que vous avez demandé. »





« TA PAUVRE VOIX BRISÉE MEURTRIE »…ainsi le narrateur fait l’amère expérience des premières communications transmises par la voix de sa divine mère, au téléphone.

Alors qu’en lui écrivant une lettre, elle savait cacher en une forme maîtrisée, ses joies et ses peines, elle ne peut, en revanche, parlant au bout du fil, donner le change ; sa voix brisée, vaincue, traduit (trahi), la perte insupportable de celle qui l’engendra et l’accompagna, intimement, tout au long (cours) de sa vie.

Et en effet, dans ces cruelles circonstances, cette voix (trop) lointaine, sans le secours du visage aimé à proximité, les caresses de ses yeux, nous glace.

À l’inverse et pour ma part, je n’ai pas oublié le beau visage ridé de ma grand-mère, assise au coin du feu (le cantou),  qui me racontait son passé, vivifié par ma présence, me donnant l’illusion que cette voix singulière, ne serait jamais perdue comme, paradoxalement, ces voix sans personne, que proposait Jean Tardieu, entouré de ses amis poètes, au Club d’essai, l’émission d’une radio libérée en 1945 (la date de ma naissance, couchée sur le livret de famille).





(Un dictionnaire à part moi : deux textes en cours)

DES BABELS DE SILENCE





Sans bouger dans la nuit

Sous la lampe notre culte

         Dans un livre de poèmes          

Nous feuilletons des terres

Des rivages et des voix

Des Babels de silence      

Aux croisements de pistes

Qui bruissent d’isthmes

Et d’intérieurs murmures





Quand le rite prend fin

Il reste quelques mots sur la page

Une forme un espace

quelques traces





Ou bien le blanc

Sur nos lèvres closes

Égarées

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AIMER L’UTOPIE

Jean Jacques Dorio

réécriture fin de l’été-automne 2020





première version imprimée

publiée par

Encres Vives n° 399

en octobre 2011





une page comme par magie

écriture et peinture 
sur le blog de Maria-Dolores Cano

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