LE TEMPS PASSE ET REPASSE

Le temps passe et repasse
Comme la pointe aiguille
V5 hi-tecpoint
Sur mon carnet

Le temps passe et repasse
Comme les motifs sur le sable
D’un jardin Zen
Les gens d’Hokusai sous l’averse
Les spectateurs du Festival montant en foule
Au palais des Papes

Le temps passe et repasse
Comme les mariages dans les fermes du Lauragais
Comme l’enterrement de ma Dulcinée
Les nymphéas sur les toiles de Claude Monnet

Le temps passe et repasse
Comme le sable du Sahara
Dans le tableau d’un artiste marocain
Que je tourne et retourne
Dans ma bibliothèque
En dérangement perpétuel

Le temps passe repasse

Le temps passé
Une barque qui chavire
La nuit engloutie

sabler sahara bible du Temps qui passe et repasse

UN BATEAU DANS LA PASSE

premier jet




six septembre





un bateau quitte son quai de chargement suivi par un petit remorqueur qui le guide pour franchir la passe et gagner la mer

très lentement si lentement qu’on dirait qu’il est arrêté

je l’observe à tribord puis de dos puis à bâbord puisqu’il s’apprête à virer à l’est vers Phocée

j’aperçois alors un second remorqueur qui est devant lui

le navire passe maintenant devant le fort de Bouc qui résista en 1536 à l’attaque du condottiere, amiral de Gênes, Andréa Doria

Dorio, Doria, on ne se refait pas

voilà, la manœuvre est terminée le chimiquier qui a lâché ses deux petits guides remorqueurs qui rentrent de concert au port leur tâche terminée, actionne sa sirène





fip jazz

Rider Léon Thomas

Du blues du pur Baby !

MOTS DE PASSE





Il y a des mots de passe que l’on oublie…mais que l’écriture comme par miracle…restitue

C’est comme un jeu…un pari… sans trop y croire on lance les dés…qui sait ?

Qui sait si le quatre ne va pas sortir en premier…suivi du deux…et du un

C’était la belle époque du 421…en buvant sur le comptoir…le pastis…avec des amandes salées…et des olives noires

Avec des sortes de fous rires…et le juke-box qui jouait Petite fleur ou crachait le jus des Chaussettes noires

Mince…ça fait deux « noires »…une blanche…une fine avec un chic d’eau plate

Plate…le mot de passe est venu…Plate est le nom d’une ferme perchée sur une colline d’Ariège…

Au pied de la métairie il y avait une mare…et dans cette mare au printemps croassaient  des grenouilles…gragnotes que nous attirions au bout d’une ligne…avec du farouch une fleur de sainfoin rouge…plantée dans un trident…et les pauvres batraciennes hameçonnées se retrouvaient dans nos musettes…

Musette…muette…mouette…

Trois nouveaux mots de passe…

L’écriture est une vis sans fin…


	

LE CHANT LA NUIT SOUS COUVRE-FEU





Le chant la nuit

Dans la ville morte

Sous couvre-feu

Jeté sur ce papier

Qui défie les écrans

Qui se déploie

Oiseau phénix





Le chant douleur

Que laboure l’écrit

Les cris du nouveau-né

Ce poème grinçant

Que traverse le temps





Le chant la passe

Le geste tant de fois

Esquissé frayant

Avec l’espace

L’instant précieux

D’un poème innocent





Le chant transcrit

Sur ce papier

D’où s’envole

Telle une braise

La dernière métaphore





13/01/2021

manuscrit avec ornement « hypnographique » jjd 14/01/2021