PETIT GLAÇON BAUDELAIRIEN

Je commence des textes que je voudrais courts.

Mais un mot s’ajoutant à un autre (comme s’il le « chassait » parfois), une idée traversée (ou renversée) par une métaphore, une citation de rencontre…et mon texte prend l’allure d’un pastiche sans fin.

Cette nuit le glaçon qui rafraîchit mon vers est offert par maître Baudelaire (excusez du peu) :

Comme montent au ciel les soleils rajeunis

Après s’être lavés au fond des mers profondes

PRÉSENTS SANS FIN DE MAI


Mai me plaît toujours autant en emporte son souffle vivifiant

Oh ! Méséglise, disait Françoise, avec le large sourire qu’on amenait toujours sur les lèvres en prononçant ce nom 1

O Mai Cohn Bendit riant à la barbe du CRS en entrant à la cour de la Sorbonne pour passer en Conseil de Discipline

Mai Mai Paris Mai 2
C’est pas demain petit qu’on enterrera le Sacre de ce Printemps qui fit chanter des millions d’Igor Stravinsky
Et de Joyeuses luronnes agitant les drapeaux noirs et cramoisis juchées sur les épaules des héros anonymes

Rappelez-vous c’était le temps des Événements. Joyeux, jubilatoires, insolents, effervescents…sans limites :

Un tel événement remémoré est sans limites, parce qu’il n’est qu’une clé pour tout ce qui a précédé et pour tout ce qui a suivi. 3


1 Marcel Proust 2 Claude Nougaro 3 Walter Benjamin


T’ENVOLERAS-TU ENFIN LECTEUR ?


Nager c’est voler
Voler dans le tourbillon
Du ventre de sa mer

Voler dans l’air
et les songes 
des splendides amours rêvées

Voler les lignes des livres
Découpées dans les poésies

Voler c’est nager
jusqu’à la page… 
Que l’on chérit
Libéré des contraintes
De la fausse vie


avec Gaston Bachelard, Arthur Rimbaud, Elisabeth Bing

SONNET DE RIEN

Un sonnet ? Ça n'existe plus.
Deux sonnets ? Je vais essayer.
Sans rime, ni raison, ni tech
Nique. C'est mal parti, je sais.


Mais déjà c'est le quatrain d'eux.
Les premiers écrits en françois.
Clément Marot et Du Bellay.
Ronsard, la plume et la chandelle.


Le tercet, à présent, j'y pense
En marchant sur une longue plage.
Bercé par la rumeur bleue.

Puis assis sur un bois flotté
Je laisse aller ma main de sable.
Sonnet de rien. Fini, daté.



16h10
Plage du Cavaou
Fos sur Mer
10 décembre 2015
16h10