POÈMES ARTISANAUX





Poèmes en graines

Semaisons





Ce matériau jaillissant de la langue

Ce quelque chose de plus

Venu des sources

et du sel de la poésie





Les essais sont multiples

Les impasses innombrables

et la mise au point

de toute pièce poétique

 toujours inachevée





le poème nouveau transforme nos croyances





AIMER ALLER ARTISAN ASTÉROÏDES AUJOURD’HUI BABELS BOOMERANG BIOGRAPHIE BLOG BOURRU CARNETS CHEMIN CHUTES COUTEAU  DANGER DÉDICACES DIABLE DORIO EFFLEURER ÉNIGME ESSAI EXIL FANTAISIE FÉTUS FRAGMENTS FRONT GAMMES GNANGNAN GRAINS GRATUIT HAÏKU  HOCHET MANIÈRES MARTIGUES MÉMOIRE MOINEAU MORT MYTHES NON-DIT   PAIX PALET PALIMPSESTE PARADIS PARADOXE PASSAGERS PASSER PASSEUR PENSER PHRASE POÈME POÉSIE POÈTE POINÇON POLYPHONIE PUCES QUE SAIS-JE RATÉ RÉALITÉ ROSIER SABLE SILENCIAIRE SOUFFLEUR SUJET TEMPS TRACES UTOPIE

AIMER L’UTOPIE

ALLER SELON





Aller selon

les doigts sur l’archet

le bruit de la pointe fine

sur le papier poussière de lune





Aller selon

la ballade en poèmes du matin

le goût d’ajouter sa petite pierre

son grain de sel infime





Ce peu de mots qui précipitent

ou se diluent dans l’invisible





Aller selon





AIMER ALLER ARTISAN ASTÉROÏDES AUJOURD’HUI BABELS BOOMERANG BIOGRAPHIE BLOG BOURRU CARNETS CHEMIN CHUTES COUTEAU  DANGER DÉDICACES DIABLE DORIO EFFLEURER ÉNIGME ESSAI EXIL FANTAISIE FÉTUS FRAGMENTS FRONT GAMMES GNANGNAN GRAINS GRATUIT HAÏKU  HOCHET MANIÈRES MARTIGUES MÉMOIRE MOINEAU MORT MYTHES NON-DIT   PAIX PALET PALIMPSESTE PARADIS PARADOXE PASSAGERS PASSER PASSEUR PENSER PHRASE POÈME POÉSIE POÈTE POINÇON POLYPHONIE PUCES QUE SAIS-JE RATÉ RÉALITÉ ROSIER SABLE SILENCIAIRE SOUFFLEUR SUJET TEMPS TRACES UTOPIE

AIMER L’UTOPIE

JJ Dorio
une version courte a paru
à Encres Vives
n°399 octobre 2011

AIMER LA POÉSIE





Aimer la poésie…

et tout le reste est littérature

 Aimer Orphée

le luthiste apollinaire

 Aimer le rythme

la chanson des neuf cordes

Comme s’il y avait

une beauté du monde

qui vient et va

et que traduit

– tant bien que mal –

la mélodie contrariée

de ce poème





AIMER L’UTOPIE

AIMER ALLER ARTISAN ASTÉROÏDES AUJOURD’HUI BABELS BOOMERANG BIOGRAPHIE BLOG BOURRU CARNETS CHEMIN CHUTES COUTEAU  DANGER DÉDICACES DIABLE DORIO EFFLEURER ÉNIGME ESSAI EXIL FANTAISIE FÉTUS FRAGMENTS FRONT GAMMES GNANGNAN GRAINS GRATUIT HAÏKU  HOCHET MANIÈRES MARTIGUES MÉMOIRE MOINEAU MORT MYTHES NON-DIT   PAIX PALET PALIMPSESTE PARADIS PARADOXE PASSAGERS PASSER PASSEUR PENSER PHRASE POÈME POÉSIE POÈTE POINÇON POLYPHONIE PUCES QUE SAIS-JE RATÉ RÉALITÉ ROSIER SABLE SILENCIAIRE SOUFFLEUR SUJET TEMPS TRACES UTOPIE

JEAN JACQUES DORIO





TÂCHONS D’Y VOIR CLAIR

Plutôt que de soutenir ce que l’autre rejette

 et de rejeter ce que l’autre soutient,

tâchons d’y voir clair.





Tchouang Tseu

(traduction JF Billeter)





PASSAGERS ÉPHÉMÈRES

Passagers éphémères de la planète Terre

Ronde du temps où nos pas sont comptés


Mais le lecteur qui aime les poèmes

Prolonge leur danse et leur durée

doriojeanjacques@gmail.com


	

F.P en long en large et de travers

 Ne jamais essayer d’arranger les choses.

  Les choses et les poèmes sont inconciliables.

                                              F.P.





À vingt ans beaucoup de Ô ! ( à l’ancienne)

passaient encor sous ses ponts

Mais déjà un glossaire y serrait son Littré

une promenade iconoclaste

dans la serre des mots





Après la mort du père la promesse du fils

d’un même arbre contre le tronc

« Le parti pris des choses »

pouvait se décliner :





le rideau le réseau de la pluie

gouttes d’un grain de blé

d’un pois presque d’une bille 





  le cageot entre la cage et le cachot

 mais dont il convenait de s’évader

 si l’on voulait vraiment célébrer

 l’utilité de cette caissette

tel un  proème qui ne sert qu’une fois





l’huître opiniâtre blanchâtre

petite forme engloutie avec son firmament





le papillon erratique allumette

et tout le bataclan :

une ménagerie d’objets successifs

dont le maître fit bon ménage

remuant en tous sens

leur substance leurs aspects

se gardant bien de manifester

un quelconque ronron poétique :

         son horreur !

!

   Cependant il faut lire jusqu’au bout

   et quand c’est longuement

   le poisson plat soudain baigne dans un soleil

  se levant sur la littérature





 On croît rêver !

Mais non c’est bien Horus

ce faucon ailé qui traverse la page

 en changeant le sexe solaire

 pour la plus grande joie

  de l’Eros bien encré du scripteur





   Apaisé vers la fin « Francis Ponge »

– puisqu’il faut l’appeler par son nom –

  se laisse enfin aller et feint de rendre ses armes

  pour gésir dans un pré

 interminablement





Il range alors ses caractères

dans ce bas-de-casse

– Ô traces humaines à bout de bras !

           Ô sons originaux! –

avec pour ultimes témoins

      le Fenouil et la Prêle : ses initiales !





      Croissant avec l’ardeur d’un clavecin de Bach

                 Quoi qu’il en soit !

                         *

suite épistolaire : 

« une lettre qui n’en est pas une dans une prose qui n’est pas sans aspérités,

puisque toute pleine des choses, engrossée par elles, mais remplie de saveur. »

André Bellatorre

DEUX NUAGES SUR UN OPÉRA DE BAMBOU





MINUTIEUSE, (peut-être), mais MÉTICULEUSE, point. Cette préface sans signature, dont on peut supposer qu’elle fût dictée par l’auteure, avait le charme des formules à l’emporte-pièce, où régnaient la bonne humeur et l’innocence d’un premier ouvrage qui allait être publié.

« IMAGINER sans retenue, mais, OBSERVER lucidement », lisait-on aussi. Et par exemple, à propos d’un vers unique ainsi libellé, « Deux nuages sur un opéra de bambou », la narratrice précisait que cet alexandrin (fortuit), lui était apparu, alors qu’elle essayait de jouir d’un premier somme, s’endormant sur une nouvelle, traduite du japonais et qui avait pour cadre le célèbre jardin Zen de Kenroku-en.

Je rallumais et notais ce vers unique sur un petit carnet à spirale, comme on note les silences, sur une partition de musique contemporaine ressemblant à un calligramme.