Os antiguos invocavam as Musas Nós invocamo-nos a nós mesmos. Alvaro de Campos alias Fernando Pessoa Les Anciens invoquaient les Muses Nous, c’est nous-mêmes que nous invoquons. de la vie de la mort de l’esprit et du corps naissance d’un poème de Rimbaud ma Bohème un pied près de mon cœur de Baudelaire aimer à loisir au pays qui n’existe que sur la page de l’Invitation au voyage Aimer et mourir Subsumer notre mort Dans la maison où souffle L’Éthique d’un poème : les mots pour le dire le sujet et ses hétéronymes le monde qui s’imagine
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SONNET DE L’ÉTRANGER
Cette nuit maman est morte. Ou peut-être hier, je ne sais pas.
Albert Camus (L’Étranger)
Plutôt que d’accepter le cours des événements
Je lis dans mon lit innocent
Cette nuit par exemple maman n’est pas morte
Devant son feu de cheminée.
Je lui ai dit dans mon rêve
Que j’allais lui ramener une orchidée en or.
Je lui ai dit de ne pas s’inquiéter.
Que le petit chat n’était pas mort.
Je lui ai dit que si la mort heureuse n’existait pas
Du moins le dernier livre que j’avais écrit
Lui ferait oublier la sienne.
– Et comment l’as-tu appelé, fils ? m’a-t-elle demandé.
– L’étranger, maman.
L’extraordinaire étranger.
APRÈS LA PAGE BLANCHE
Après la page blanche une autre page blanche
Effronté comme un page Sous les pavés la plage
On devient chocolat en faisant poésie
Après la page blanche le coup de dés fatal
Un poème de deuil après le dur cancer
vainqueur On devient fou À tort et à travers
On crie sur le papier On rend ce crâne vide
à son rire éternel On redit Valéry
au cimetier’ marin où picorent les focs
Sur cette blanche page qui s’irise de gris
Un non-sens verlainien sur l’ardoise indécise
Proche du pur zéro et d’un poème toc
Après la page blanche une autre page blanche
C’est la tienne lecteur grognard de poésie
Qui poursuit impassible le déni de sa mort
L’écriture d’un vers qui te fait chocolat
Ah ! ah ! les vibrations du vieil alexandrin
Jusqu’à ce derniers vers…inachevé pardi !
25 mai 2021
À la mémoire de Josiane Dorio (10 avril 1952-25 mai 2014)
LA GAULEUSE DE VOIX
Gauler des noix comme des voix
qui tombent
une à une
Qu’y a-t-il à l’intérieur d’une voix ?
Allons racontez-moi…
Mais avant de me raconter
Posez s’il vous plaît la faux sur vos genoux
Vous l’avez bien assez aiguisée comme ça
C’est le soir
La gauleuse de noix ne viendra plus
Allons dites-moi tout…
De l’autrefois et de l’aujourd’hui
Du bon vivant et de l’endeuillé
De la faucheuse que vous avez égarée
En lui donnant un de vos hétéronymes
Je m’appelle Clément
Lui avez-vous dit
Clément Marot
Celui pour qui
La mort n’y mord
CE N’EST PAS SI SIMPLE
Ce n’est pas si simple d’écrire cette vie
Luttant contre le vide du sommeil
Et son trop plein de rêves
Le vivant touche au mort dans son sommeil
Éveillé il touche au dormeur.
(une traduction d’Héraclite « l’Obscur »)
Vie et vide Somme et sommeil
Plume en son « plume »
Tout poète libre penseur
Sans la musique d’un vers n’est rien
La mort n’y mord
Blason merveilleux tissé par Clément Marot
Ce n’est pas si simple mais l’on essaie
De pièces sortant du four noires et ratées
Aux belles irisées
C’est la Voie
Forgée dans l’inachèvement systématique
Et ce commencement qui n’en finit pas
L’étrange formule qui nous tient éveillé
Et nous réanime