LE CHANT LA NUIT SOUS COUVRE-FEU





Le chant la nuit

Dans la ville morte

Sous couvre-feu

Jeté sur ce papier

Qui défie les écrans

Qui se déploie

Oiseau phénix





Le chant douleur

Que laboure l’écrit

Les cris du nouveau-né

Ce poème grinçant

Que traverse le temps





Le chant la passe

Le geste tant de fois

Esquissé frayant

Avec l’espace

L’instant précieux

D’un poème innocent





Le chant transcrit

Sur ce papier

D’où s’envole

Telle une braise

La dernière métaphore





13/01/2021

manuscrit avec ornement « hypnographique » jjd 14/01/2021

MOTS ARRACHÉS

manuscrit avec hypnographies




Quelques mots arrachés au silence de la nuit

L’agate les corbeaux les pensées la poussière

L’enfance de Van Gogh Descartes cogitant

Ça ne mène pas loin mais ça fait exister

L’alexandrin boiteux la rime passagère

« Ça éloigne de soi » après un vieux rêve

Où l’on revoit sa grange pleine de totems

Une faux un marteau une pierre de Rosette

L’odeur du foin coupé des plumes de corneille

Échange de regards des objets au sujet

Les mots comme arrachés ont parlé dans la tête

Mais sur la page blanche ils n’ont fait que passer





02/01/20201

quelques mots arrachés

L’ARC ET LA LYRE





Bajo tu arco la noche duerme

Velan tus brasas

Octavio Paz





 Sous ton arc dort la nuit dort

Veillent les braises

(ma traduction)





La nuit me tend son arc

El Arco y la Lira

Echos de Paz

Le bien nommé





L’arc et la lyre

La flèche de Zénon d’Élée

Qui vole immobile

Et la lyre d’Orphée

Qui fait danser les Muses





Paix aux mille soleils des insomnies

Litanies des commencements

Épiphanies des songes

Pierres vives où l’on grave nos chants

AINSI JE MARCHE NUIT APRÈS NUIT





Ainsi je marche nuit après nuit tu

dis qu’on dirait ce piéton que tu fus

à Caracas Paris New York Toulouse

Rue Valade dans une arrière-cour

Sur l’île Saint Louis au Faubourg du Temple

à l’edificio Olimpo près des

Tours du Silence Dans un hôtel jouxtant

Central Park ou chez ta fille – Astoria dans le Queens-

Quelle histoire ! Somme toute cachée,

dans tes carnets ou ce papier d’exil,

comme ce jeu de carte – l’écarté

que tu jouais enfant tapant du poing

quand tu perdais- Somme toute légère,

comme on enlève peu à peu des masses

de matière à notre statue dérisoire,

Manière d’arrêter la marche dit

le lecteur voyageur sédentaire à

Caracas Paris New York Barcelona





10/12/2020

ainsi je marche nuit après nuit

AINSI DE NUIT EN NUIT JE ME DÉNUITE





Ainsi de nuit en nuit je me dénuite

Je sors des mots inédits ligne à ligne

Je tisse je détisse je rumine

et poème se faisant je m’oublie





Le Temps reviendra bien me tarauder

Mais quand j’écris il est exclu du jeu

De même que ce « je » qui n’est pas « moi »

Ainsi de nuit en nuit ce beau défi





Comme je m’interdis les repentirs

De raturer de faire des biffures

(au risque d’un vers de guingois mort-né)

J’attends je n’écris que quand j’ai trouvé

Comment touiller le feu le miel la cendre





Ainsi de nuit en nuit je dynamite

Fragments fusées désarrois espérances

Rituel d’oubli mémoire du vide

Hypnose Temps perdu Instants précieux





02/12/2020