Dans les livres, hors les livres, dans nos corps, nos désirs de dire ce qui n’a pas encore été dit.
Tireli, Tire-là, Tire ta langue ma plume, ma pluplum tralala.
Je traverse l’espace de cette page, sur le chemin d’un écolier buissonnier qui s’imagine cueillant des fruits d’or, monter à l’arbre des métaphores, souffler sur les noms latins des plantes, marchant pieds nus dans les nues d’un poème mal fichu.
Malade de faire ses lignes de second degré, à ne montrer dans aucune école de créativité, sous aucun pré-texte.
Sauf celui de prétendre que la matière poétique est ce vieil océan que nulle écume des jours n’abolit.
(Une encyclopédie arborescente tâtonnante)texte en cours
7h57 Écrire ici simplement. (dès que l’on ouvre l’œil du matin). Ce que sont incapables de faire « les intellectuels », écrit Marcel. Oui, j’ai relevé la phrase chez Proust. (sans commentaire). Mais ailleurs, sur d’autres terrains de jeux d’écritures, j’ai tout loisir de me perdre dans des phrases sans fin, que je parviens parfois à remettre sur pied, ou que je laisse tomber. Mais ici, sur l’agenda, oui, écrire…simplement.
8h07
Mardi 02/02/2021
5h25 Couché comme les poules (pas les « cocottes »), les images de la télé ne me disant rien, j’ai repris le roman de chevet (Anna K.), « posté » le poème du jour après un premier somme, à minuit : « Une fois n’est pas coutume », écrit le nouveau dans la foulée « Sans la surcharge d’aucun savoir » (c’est du Bachelard), et me voilà prêt à 5h30 à me glisser dans la nouvelle journée.
Mercredi 03/02/2021
7h48
Lieu de savoir des rêveries. J’arpente chaque après-midi la petite plage de Fos sur Mer (il y a une grande, mais adossée au complexe industriel). Je m’arrête une ou deux fois pour tracer sur le sable des visages éphémères que je photographie. Puis c’est le molle du port à voiles, ses roches blanches qui servent d’observatoire pour découvrir un horizon de tankers, d’usines et au nord-ouest le point de fuite vers Port saint Louis et la Camargue. Hier, à 16h j’étais seul, le temps était presque printanier, la mer laiteuse me berçait, oublieuse des misères du monde en temps de claustration subie.
7h58
Jeudi 04/02/2021
8h04
J’épluche de vieux carnets, des blessures de « maux » sur leurs pages. C’était une sale année, avec sa terrible partition cancérienne. Écrire, malgré tout, était une manière de donner le change. Chants rêveurs, en clair-obscur. Mais à la fin, c’est l’obscur qui a gagné.
8h12
Vendredi 05/02/2021
7h53
«Je vais mon train », chanson de colo. J’en ai fait deux, comme petit colon (à Tarnos dans les Landes sur l’Océan), deux comme « mono ». Une à Souillac (Lot), l’autre à Campan (au pied du Tourmalet). Épisode impossible à vivre aujourd’hui, une après-midi de chaleur orageuse, on avait fait entre deux équipes, une bataille digne de « La guerre des boutons ». Les gosses, uniquement des garçons d’une dizaine d’années, tout nus, avaient « bataillé » dans un petit torrent. Puis, dûment rhabillés, étaient revenus, en chantant « Je vais mon train Et sans me mettre en peine Je vais Je vais mon train ».
7h59
Samedi 06/02/2021
6h16
« Thumon aie, mater nux » (Eschyle Les Euménides) J’aurais aimé avoir accès à des classes où l’on apprend le grec et le latin. Mais, à défaut, je recopie et j’ai tout loisir de rêver sur les étymologies. « Inspire-moi du souffle, Ô Mère Nuit ! »
6h19
Dimanche 07/02/2021
8h02
Petit poème deviendra grand Si une lectrice lui prête vie « Si par une nuit d’hiver, un voyageur… » (Italo Calvino) Si, si, si, si…
Mais aujourd’hui les mots du poème ou de la fiction, ont quartier libre. Ils iront où ils voudront sur leur barque légère, ou s’envoleront d’un dictionnaire inédit : le dictionnaire des mots fragiles et des catharsis.
J’ai écrit ces deux lignes sur un nouveau carnet à spirales dit
« poussière de lune ».
Je vois arriver une tourterelle, venue picorer les graines du nichoir.
Un bref instant je songe alors que j’ai participé à cette scène.
J’ai été le mimosa faisant ses fleurs,
mon olivier d’hiver,
la tourterelle sans sa compagne,
et cette plume éphémère qui a effleuré la page,
avec le soin dû à ce texte,
que je me donne l’illusion d’appeler
unpoème.
mimosa planté en l’honneur de Mathis : il va fêter son premier lustre
http://eloge-de-l-arbre.over-blog.com/poème repris sur ce blog d'exceptionqui met en valeur textes, poèmes, peintures et dessins, célébrant nos frères les arbresÀ ce jour, 1288 poètes, 2643 poèmes
et de nombreux artistes ...