un chat errant qui gratte son oreille adossé à la grille bleue de la terrasse un papillon blanc qui volette autour des derniers pétales de l'amandier le vent qui remue le mimosa éteint et l'olivier gracieux et sur ma table les pages d'un journal en ligne que je viens d'imprimer : il n'y a jamais eu de système aussi démocratique que la Commune 16/03/2021 11h24
PAGES D’ATELIER
Beaucoup de mes poèmes sont des pages d’atelier
écrites à loisir et selon…
le rythme de la plume, les citations juste amorcées,
Kairos le moment unique qu’il ne faut pas rater,
la fantaisie,
le croisement des disparu.e.s et des vivant.e.s qui se chuchotent
les mots issus des banalités de la vie ou des réminiscences de poèmes,
les saignées propres à l’Ancien régime,
les chimiothérapies : cet horrible oxymore,
les sonnets en X des symbolistes,
l’ABC du bestiaire de Borges.
Beaucoup de mes poèmes n’en sont pas,
ou bien sont ces petites pièces décousues
collées sur les pages de mes carnets d’atelier
et destinées à leur disparition
Personne n’y verra que du feu
ENTRE DEUX LIGNES
Je fais le tour de mes pages d’écriture
au ralenti
et en silence
Entre deux lignes plusieurs minutes
s’écoulent
Comme celles d’un procès
en procrastination
Et combien d’entre elles passent
à la trappe !
Par exemple, curiosité de l’instant,
cette lune à la fenêtre,
dont je ne sais que faire
où la placer sur le papier
Entre deux lignes, c’est le cas de le dire,
Je n’ai aucune ligne préétablie
Aucune ligne à suivre
Mais quand soudain passent les Djinns
« Mur ville et port »
La page entre deux plages de petits sommes
est terminée…
Je m’endors
DANSEZ LES PETITES FILLES
agenda du 8 au 14/03/2021
Lundi 08/03/2021
7h21 -Adieu, comment tu vas ? C’est ainsi que l’on se saluait dans mon village natal où les paysans parlaient toujours entre eux en occitan. Et pour se séparer leur adíu (prononcer a-di-ou) était proche de l’adios espagnol. 7h27
Mardi 09/03/2021
2h19 Je fais la course aux improvisations avec la joyeuse bande internationale des acteurs et actrices de Peter Brook aux quatre coins du monde, en Afrique chez les Yorubas, à Téhéran, au Mexique avec le Teatro Campesino, à Brooklyn et enfin aux Bouffes du Nord, sur cet espace vide « entre le sacré et le brut. »
Mercredi 10/03/2021
6h02 « Un homme raconte son histoire et ce sera celle de tous ou de personne. » (Henri Thomas) Le livre que j’ouvre illustre cette citation. L’auteur évoque une reproduction brodée par sa mère de la fameuse « tapisserie de Bayeux » qui me fait ricocher sur le souvenir de sa visite avec le poète Jean Louis Rambour qui m’avait accueilli à Bayeux. Puis, sur la même page, l’auteur revoit une photo prise par son père à Praz sur Arly, où l’on voit en arrière-plan le Mont Blanc. Praz où nous séjournâmes dans un gîte, trente ans après avec Jo et Noémie (2 ans). Merci à l’écrivain Daniel Oster qui publia « Rangements » en 2001
Jeudi 11/03/2021
7h01 Ça m’interpelle mais ça ne me sécurise pas. C’est incontournable mais ce n’est pas gratifiant. C’est obsolète mais je l’assume. Si ça te pose problème tu peux en faire tout un poème. 7h08
Vendredi 12/03/2021
2h55 À la sortie je vais chercher Mathis, 5 ans, à son école maternelle. Dix minutes après nous voilà loin de la ville sur les sentiers de la forêt de Castillon, lui sur son petit vélo avec son casque bleu, moi le suivant et palabrant de choses et d’autres. Nous sommes seuls, le petit roi pédalant et son grand-père un bref instant le Merlin des forêts. 3h04
Samedi 13/03/2021
8h06 Après une semaine de floraison intense, les fleurs de l’amandier se détachent une à une au vent léger, elles tombent tombent, tombent, tombent, petites âmes des contes de fées qui auraient ravi ma Dulcinée.
Dimanche 14/03/2021
1h25 Chansons reprises cette semaine avec l’aide des accords sur le piano : Le Sud (Ferrer) L’écharpe (Fanon) Vingt ans (Ferré) Ma môme (Ferrat) La marine (Fort Paul-Brassens). Chanson la plus écoutée sur ce blog : Dansez les petites filles (Hugo-Dorio). La semaine est finie n.i n.i, mais ce n’est que dans les chansons qu’elle recommen-en-en-ce. 1h30
AU VENT LÉGER DU BEL OUBLI
Il se pourrait évidemment que de ces quelques accords jour après jour composés en silence aucune ligne ne subsiste
Aucune lumière particulière venant révéler ces quelques formes jetées sur le papier et nageant ensuite dans le bac de l’œuvre au noir
Mais cette idée de non-reconnaissance qui m’effleure ce matin rend encore plus évidente la nécessité de cette page
feuille d’azur qui s’en va au vent léger du bel oubli