


poésie Victor Hugo voix musique jj dorio arrangement accompagnement Philippe Bruguière studio Le Petit Mas été 2019
Jean Jacques Dorio Un poème inédit par jour



poésie Victor Hugo voix musique jj dorio arrangement accompagnement Philippe Bruguière studio Le Petit Mas été 2019

commencer recommencer carnet format A6 glyphes et graphies comme en hypnose une nuit entouré par les Praticiens du Rêve* Paris 4/12/206 chez *Michel Perrin Au Marais

Dès ma première enfance, la poésie a eu cela,
de me transpercer et me transporter.
J’aime l’allure poétique
À sauts et à gambades.
MONTAIGNE
Sur l’ardoise, ce coup de craie.
Et toc, toc, toc, cette musique
que faisaient nos mains écolières.
Jouant avec Calcul Mental
et les dictées des Homonymes.
Encadrée d’un bois, où nos noms
figuraient, c’était notre instit-
tutrice de très vieille roche.
Quel plaisir de relire Ponge !
Nul fanal. Ni conseils. Ni rage
d’écriture. Un petit feu
de braises maintenu mot à mot,
L’allure poétique à sauts
et à gambades.* L’autre scène,
Essais toujours en mouvement.
Paroles écrites. Morceaux
épars de notre palimpseste.
Pensées, pesées paradoxales.
Pavés phénix de 68.
Paroles effacées des murs,
Mais toujours vives en nos cœurs.
Systoles, diastoles, Saveurs.
Poésie, en ce monde qui nie
la cohérence aventureuse**,
se lit sans bruit, à contre-voix,
relie le souffle de Tchouang Tseu
aux Margeries de Jean Tardieu.
Contre la prose, morne plaine
de la marchandisation,
le verbe créateur des enfants du limon.***
** Roger Caillois
à propos des Collages surréalistes
***Raymond Queneau
Roman 1938
LE REVOLVER AUX CHEVEUX BLANCS
Prétexte
À force de noter ses rêves, il ne savait plus s’il rêvait qu’il dormait,
ou s’il se réveillait d’un somme où il rêvait qu’il traversait le Pont des Arts, un livre d’octosyllabes sous le bras.
Je mets la chambre dans le feu.
C’est un rêve d’André Breton
Qui tire à vue depuis la Tour.
La Tour Saint Jacques. Échec et mat.
Seul sans ma belle il m’a tué,
le révolver aux cheveux blancs,*
il t’a tuée.
Poésie ne fait pas de vagues
Elle vogue de nuit en nuit
Sur la barque d’un Anonyme.
Fanal, feu latent, exercice,
Poème en rupture, brisures,
Que l’on recolle pièce à pièce.
Les mots viennent de toute part
Mais il faut les laisser passer
Ou bien les isoler en chambre
De décontamination.
En attendant qu’ils nous reviennent
Avec l’ache et le serpolet**
Silence sur la page noire.
Sans livre à portée j’ai du mal
Mais avec crayon et papier
Je trace pour les recréer
Des guirlandes de l’un à l’autre.
J’ai du mal sans papier stylo
Mais persiste la voix en tête
De tous mes poèmes adorés.
À la fin sans pouvoir me plaindre
Sans voix sans oreille et sans yeux
Je n’aurai alors pour survivre
Que les mots sur les lèvres
de ceux qui m’ont aimé.
*André Breton
** Paul Fort
Dans la langue de mon chant
Il y a le souffle de toutes choses
L’abricotier et l’abricot que je viens de cueillir
Et le souffle de ma fille qui un dix-huit juin naquit