JE COUDS JE COURS SUR LA PAGE

tel quel 15/07/2020




Je taille. Je couds. Je cours sur la page.

Puis je m’arrête. Je ne suis pas pressé

de trouver la suite…trantran ou sortilège.





Je tourne autour d’une histoire vécue

que j’ai oubliée, mais que ma plume,

allant de bonds en sauts, cherche à retrouver,

pour la réinventer.





Les livres que je lis, en alternance,

me tendent des miroirs,

m’incitent à poursuivre, à ma manière,

leurs récits. En évitant, si je le puis,

d’être ce badin de la farce, évoqué

par l’auteur des Essais.





Bercé par mes imperfections, me voilà,

perdant le fil, confondant l’un et l’autre,

essayant, chemin faisant, de m’extraire

du grand Escogriffe.





Et puis revient Bonne Fortune, de manière inespérée.

Les chiffres indiquent, 4.44, c’est l’heure.

Trois quatre sont sortis, comme au jeu de dés.

Quatre phases de la lune, quatre points cardinaux,

quatre saisons.

Ceci pour le côté carré.





Mais il y a des extensions.

La cinquième saison est l’une d’entre elle.

Celle que vivent ceux et celles qui ont atteint

« le grand âge », qui prolonge l’existence,

qui aurait dû s’achever, et qui impose aux humains,

sous peine de naufrage, de se réinventer.


	

UNE PAGE SUR PAPIER VERT

écrit tel quel 14/07/2020




Je m’égare sur ce papier vert, pailleté, que je remplis, au gré de ces pages.

Les pages d’un cahier rare, qui arbore toutes les couleurs.

Ici le vert, là le bleu, l’orange, le rouge.

Sauf le noir. J’ignore pourquoi.





Épicurien, Épidémie, Étymologie.

J’effeuille le dictionnaire à part moi.

Curieux de ce que je ne sais pas, non les définitions, qu’il suffit de lire,

mais ce qui cache derrière elles.





Le temps a changé paraboles en paroles.

Je les fais enfin s’envoler sans craindre de les  » peindre » (perdre…1° version).

Focs deviennent colombes.

Et cris du soir qui tombe, martinets.





Le temps a laissé son manteau…

Vers d’un de nos plus anciens poètes,

un quart de siècle prisonnier des Anglois,

et qui trouva en Poésie cette folie qui nous nourrit

de déchirures et de broderies.





Ardente et glacée. Utile et futile. Puérile et alambiquée.

La plume a glissé peu à peu au bas de la page.

Et la mer maintenant la recouvre…





14 juillet 2020

ÉCRIRE N’EST PAS QU’UN JEU

écrit tel quel 14/07/2020




Écrire n’est pas qu’un jeu…mais un peu tout de même.

Un jeu où l’on écrit avec le sérieux et toute la joie de l’enfant qui joue.

Un jeu où l’on suit des règles, bien qu’on aime les changer tout le temps.

Sauf cette main réglée, sur l’orthographe exacte, sur le sens et le non-sens,

les mots en vadrouille, mais tenus, même en faisant quelques écarts,

par la langue françoise.

On taille, on coupe, on bêche.

Et quand le journal, au sens du travail d’un jour, est fini,

on plante là ses outils jusqu’au prochain exercice,

et on passe à autre chose.

Sauf que, en ce qui concerne précisément, celui qui trace cet écrit,

son journal essentiel, se déroule la nuit.

Comprenne qui pourra.

Ceux qui dorment la nuit sont hors-course.

Les autres, éveillés, mais qui luttent pour dormir,

tournant et retournant leurs insomnies,

font un mauvais calcul.

Quand la nuit remue,

il faut sauter sur son manège,

et laisser aller.

Ça apaise, ça écrit.

UNE TOILE AUX ESSENCES DE MAI 68

tableau 80×65 cm Dorio Mai 68
détail
autre détail




Essence connaissance

Donnez-moi un oiseau

Donnez-moi un vaisseau

De nuit de préférence





Je ne sais pas dessiner

Je ne sais pas le dessein

Mais j’ai de l’énergie

Mais j’ai de la couleur





Les hommes se haïssent

S’entretuent au nom de

leurs croyances qu’ils disent

Vérité





Moi je me concentre

Sur des toiles aux essences

De framboise et de nuit

Allégresse alegría inspirées

Aspirant la musique des étoiles

La tête vers un arc-en-ciel de nuit





Donnez-moi un Miró

une femme une oiselle

Une palme un pinceau

de peinture à l’huile

que je trempe dans l’essence

de fenouil de la connaissance





Essence connaissance

Dans mon cosmos ailé

Peinture à l’essence sur papier

Et laissez-moi vivre en paix 


	

DIRE thé des écrivains, conférence et bavarderies.

manuscrit un peu pâle son décryptage est en cours
Dire. 
Dire que celui qui écrit ne sait pas ce qu'il va dire.

Dire qu'il prend soin de l'écrire.

Dire que ce beau papier chiffon et coloré fut acheté,
avec celle, qui aurait tant aimé lire cette page,
dans une boutique qui s'appelait
le thé des écrivains.

Dire que je n'ai jamais pris le thé avec un écrivain,
une écrivaine, ni d'ailleurs,
un enfant de la balle, qui lit sous chapiteau
de petits textes, à livre ouvert.

Dire, que pas plus tard qu'hier, je relisais,
dans mon jardin d'été,
ce merveilleux poème d'un auteur de l'Inde du XII° siècle,
que nous vîmes un soir au Cloître des Carmes,
en Avignon,
adapté par Jean-Claude Carrière
et mis en scène par son ami Peter Brook.

Dire qu'il s'agit de La conférence des oiseaux,
et d'une Huppe qui les entraîne à la catastrophe.

Dire que souvent je mettais mes élèves collégiens
en présence du Conte du merle blanc,
pour le lire et le réinventer.

Dire qu'en si peu de temps,
j'ai épuisé ma page
de mes bavarderies.


12/07/2020