LIRE LE TEXTE CI-DESSOUSQuelle est cette écriture ? Je ne sais je ne sais et pourtant c’est ma main qui l’a tracée ce dix mai à « une heure » précisément à l’horloge de ma chambre en moins d’une minute qui l’a tracée au cœur de la nuit comme dans un rêve une main qui rêve et se lance sans retenue à la recherche d’une écriture qu’elle a nommé -faute de mieux- HYPNOGRAPHIES un mot maison entré une nuit intime nuit en moi nuit en dehors je connais par cœur cette ligne de Supervielle qui m’émerveille comme un bestiaire dont chaque animal est un signe qui représente une part de moi-même de ce dictionnaire à part moi que je m’efforce de fabriquer j’ai relu hier les quatrains ou les quintils du Bestiaire ou Cortège d’Orphée d’Apollinaire illustrés des bois de Dufy mentalement puis en les chantant sur mon piano et maintenant c’est comme si chacun de mes glyphes composés cette nuit était un œuf en chocolat trouvé sous les étoiles
Que Dieu existe ou n’existe pas ? – Pas mieux ! dit en substance Gérard Genette, dans son entrée. (Dieu : Apostille). Légèrement moqueur, disons, il illustre par sa formule, sa devise personnelle : « modéré, mais sans excès ».( la meilleure traduction, dit-il, de l’annotation musicale, moderato ma non troppo ).
Mais, si je puis me permettre, je trouve G.G. bien pusillanime, quand il adresse quelques « jurons stéréotypés » à Qui-Vous-Savez. Sur le sujet il faut se tourner résolument vers le grand Georges, dont « la ronde des jurons » est un pur chef d’œuvre, toute catégorie littéraire confondue. Brassens, en effet, d’un rythme alerte et enjoué, décline tous ces jurons en –bleus, qui désignaient de manière atténuée « dieu » pour ne pas que la sainte mère Église ne sévisse. Exemple « palsambleu : par le sang de dieu. Lisez et écoutez ce festival, tiré de derrière les fagots et de la recherche effrénée de Jojo :
« Tous les morbleus, tous les ventrebleus Les sacrebleus et les cornegidouilles Ainsi, parbleu, que les jarnibleus Et les palsambleus Tous les cristis, les ventres saint-gris Les par ma barbe et les noms d’une pipe Ainsi, pardi, que les sapristis Et les sacristis Sans oublier les jarnicotons Les scrogneugneus et les bigr’s et les bougr’s Les saperlottes, les cré nom de nom Les pestes, et pouah, diantre, fichtre et foutre Tous les Bon Dieu Tous les vertudieux Tonnerr’ de Brest et saperlipopette Ainsi, pardieu, que les jarnidieux Et les pasquedieux »
Cependant, après « le polisson de la chanson », je ne peux terminer l’article, sans évoquer mon père, qui avait hérité du doux nom de Noël, mais qui pour ce qui concerne l’affaire Dieu, n’y allait pas par quatre chemins. Combien de fois l’ai-je entendu pester ses mille dious de rémilledious, mille dieux de remilledieux !, le soir dans son étable, trayant à la main ses 2 ou 3 vaches, qui, agacées par les mouches et les taons, n’arrêtaient pas de bouger la queue, et manquaient de renverser le précieux seau, rempli du bon lait de nos pâturages, et que les « paroissiens » du village viendraient un à un chercher dans leur petit pot ma mère. (C’est elle qui les servait, bien qu’elle ne s’appelât pas Marinette).
Un dernier mot, pour Dieu sait qui, mais qu’il m’agrée d’ajouter à mon « dictionnaire à part moi. »
Ces « millediousdérémilledious », en occitan, jamais au grand jamais, je ne les ai entendus dire par personne d’autre que mon cher papa. Mais il faut dire qu’il fut toujours un dieu pour moi.
Mon père Noël voix paroles et musique JJ Dorio accompagnement guitare Philippe Bruguière studio Le Petit Mas le cd est à commander à doriojeanjacques@gmail.com merci de soutenir les créateurs clandestins
Je rêve de Puerto ColombiaOù je gavais les pélicansDes écrits de Feu Lautréamont
PUERTO COLOMBIA
28 09 1969
Un tout petit coin où je suis hébergé par un Uruguayen et sa femme Vénèze.
Ils avaient un beau berger allemand, une chienne qu’ils appelaient Mata.
Je relis mes notes d’un cahier que je vais jeter.
J’y ai passé une petite semaine de vacances, avant de reprendre mes cours de français à Caracas.
J’ai admiré des heures durant messieurs et dames Pélicans, qui plongeaient à la verticale de leur bec,
et mettaient le poisson dans leur poche.
Je retrouve la liste des livres emportés, Balzac Les Paysans, que je ne me souviens pas avoir lu, du Char en poésie, le manifeste de Breton et Spectacles de Prévert.
De mes griffonnages, il reste un poème écrit le 23 octobre à 23heures. « Furor ».
Je l’ai publié tel quel dans mon recueil chez Oswald, en 1975. Et Claude Brugeilles en a fait un « graphisme » », une nuit au moulin de Jézeau, que j’habitais alors, près d’un torrent et de sa roue à aubes.
Claude Brugeilles Moulin de Jézeau une nuit du printemps 1975 in ITINÉRAIRES Jean Jacques Dorio (PJ Oswald)