CE QUI SOURD DE MA PLUME





Ce qui sourd de ma plume

plum plum tralala

Sous la brise d’un rêve

D’une histoire inachevée





Ce qui semble aller de soi

de soie et de rudesse

d’un papier cigarette

dont le filigrane glacé

entrelace mémoire et oubli





Ce qui sème les sons

Les cinq sens d’une voix

en absence

Blanche comme la nuit





Ce qui sourd ce qui semble

Ce qui sème les mots mués

en images évanouies





08/01/2021

UNE PROSE ENDIMANCHÉE





J’ai tourné et retourné sept fois la langue dans mon songe, tant et tant que je l’ai effacé. Et je suis là dans mon lit de réveil, la tête vide, sans images, après ce premier somme.

Dans un quart d’heure samedi va basculer vers ce jour où enfants on nous endimanchait.

Lors, il était interdit de marcher dans le ru, de bleuir ses doigts à la haie de mûres, de jouer au béret dans la fange du pré.

Comme souvent, mais à condition que l’on ait son cahier de nuit prêt à accueillir l’encre d’une plume, le vide créé dans ma caboche m’a permis, après un long temps de quasi hébétude, de faire émerger ses images d’un paradis enfantin que l’on croyait perdues.

Ma prose maintenant est passée, je peux refermer le cahier.





passage du 19 au 20/12/2020

Un ajout

Moi et Soi

Cette histoire de soi qui s’écarte de moi, ce n’est pas que dans les livres. Je me réveille d’un court somme, (le premier de la nuit), avec la sensation d’une conscience paradoxale : je ne sais plus l’espace d’une seconde, où j’habite, quel jour on est, quelle est mon identité…Ça pourrait semer le doute, ça me donne l’énergie venue de ce courant mystérieux « antérieur à la connaissance ».

LES PRÉSENTS D’UN POÈME





Je n’écris plus que la nuit

La tête sur l’oreiller

Ma plume oublie qui je suis





Je n’écris plus que feuillets

Ivres de rimes à larmes

Ils sont sans finalité





Ce sont présents d’un poème

D’ellipses et de reprises

À l’écart et sans limites





Je n’écris plus qu’animé

Par cet instant où je mêle

Temps perdu et retrouvé





Où tout est vrai parce qu’inventé





21/10/2020

italiques : selon Charles d’Orléans et Marcel Proust.


	

ODE AUX POÈTES DES ÉPÎTRES





Parfois c’est court la forme casse l’esprit bavard

Bah ! Personne n’entre ici s’il n’est un peu poète





Poète ? Tu veux rire le poste est déserté

Entre le poème et toi il y a le monde qui te broie

Brouhaha brou de noix gaulée sur le noyer





Le noyé c’est bien toi qui nages dans l’obscur

D’une nuit blanche

Sous la neige

D’une « plume en absence »





« Poète dépourvu »

De lecteurs et de reconnaissance

Mais que main tient

Et sans art-gens

Écrits et cris
Rage admise

Par les seuls amis





nuit du 24/09/2020

« La plume en l’absence »
Pauline Dorio
(vient de paraître)

DESSOUS DE TABLE ET DU DESTIN

tel quel dans la nuit du 12/07/2020
Dessous de table et du destin.
À un détail près,
Déterrer les vieilles histoires
N'est pas bon pour la santé.

Au détour d'une fiction de Borges,
On allume la lampe d'argile de l'imagination,
et l'on se retrouve sur une planète 
née de "la conjonction d'un miroir
et d'une encyclopédie",
parcourue seulement par dix-sept lecteurs-
lectrices comprises.

Devises de père en fils :
Jean Marot, Rhétoriqueur :
Ni trop ni peu
Clément, Prince des poètes
La mort n'y mord

Dévoiler, agiter ses mots, éloigner ses maux,
comme un beau diable.

Dictées de nuit. 
Je n'écris jamais ce que me dicte la conscience passée.
Ni la bouche d'ombre.

Mon dictionnaire à part moi, ignore l'ordre de l'alphabet.

Ma plume s'arrête là, faute d'espace,
mais nous n'avons pas fini tous deux,
de nous étonner.