L’BAL HABILE À BILBAO





Bilbao Te fais pas d’bile

Bilbao ne va pas te laisser en rade

C’est un bon prélude pour ta sérénade





Bilbao une chanson de Boris Vian

Sur une musique de Kurt Weill

Chantée avec ce qu’il faut de gouaille

et de raffinement

par la divine Catherine Sauvage





Bilbao cette nuit te tient en éveil

L’bal à Bill À bilbao n’a pas d’âge





Bilbao vieille lune tapée par la main amie

de Blaise Cendrars

La ville lui rappelait

 Au risque de passer pour un imbécile

un décor de Picasso

(Si j’ai bonne mémoire)





Ou peut-être du douanier Rousseau

Celui qui mit sur toile la Muse inspirant le Poète

Marie Laurencin et Apollinaire





Voilà où m’a conduit mon imaginaire

Avec ce dernier vers ultime pirouette


	

COMME UN TOMBEAU DE POÈTE

la main écrit et le texte se fait (plus ou moins)




Avant de rendormir les douleurs et les cris

Je lis Frénaud Follain folles guêpes bourdons

Les yeux pleins de fourmis noires et de Néant-

-la-Môme chérie – loin des chichis – de Tardieu

Avant de rendormir les douleurs et les cris





Sois tranquille Philippe qui vient de t’en aller

Le poème ennemi tu ne traceras plus

Tu ne chercheras pas le fin mot de la fin

Ta mort tu le disais poursuivait son chemin

Sois tranquille Philippe qui vient de t’en aller





Les extrêmes se touchent écrit Blaise Cendrars

Il chante Bilbao d’autres le bilboquet

Ou cette fleur absente de nos derniers bouquets





Je t’écris lettre à lettre avec de l’encre bleue

« L’art est long si long La vie en revanche courte

Elle coupe comme un couteau »*

Nos pages noires du tombeau





*Largo es el arte La vida en cambio corta

como un cuchillo

Angel Gonzalez

lecture (et traduction)

COMMENT DEVENIR POÈTE









L’une des méthodes les plus simples est d’écrire des poèmes

Noir sur blanc lentement mot après mot

Ligne après ligne

À la main sur une plage blanche

En s’excluant pour quelques minutes

Du jeu





Il faut répéter infiniment l’exercice

Toujours avec plaisir

Et pour cela choisir

Un papier un carnet un stylo

Qui nous agrée





Ne jamais faire de rature

Et si jamais un mot vient à la place d’un autre

Comme cette plage qui ci-dessus à remplacer page

L’accepter





Le poème est terminé quand il n’y a plus d’espace

On invente alors un titre

Et on laisse reposer





comment devenir poète

L’ANOMALIE D’ÊTRE UN.E POÈTE

Agenda du 5 au 11 avril 2021





Lundi 05/04/2021 dit de Pâques

6h49  Faon ou éléphant Une rime pour enfant Mais où cacher l’œuf au chocolat Dans le poème ? (J’offre ce quatrain enfantin à qui le me le dira.)    6h58

Mardi 06/04/2021

4h35  Réparons le monde Humains Animaux Nature  Corinne Pelluchon Un beau titre mais dans le corps du livre une foire d’empoigne entre théoriciens. Cependant si dans la tête des gens leurs représentations sur la place de l’humain dans la nature n’est pas au clair, on n’y arrivera pas. Et l’écologie comme religion et vengeance d’un Dieu disparu participe à la destruction d’un monde bien compris.   4h58

Mercredi 07/04/2021

16h31  Radios et scanner dans le labyrinthe de l’hôpital des Rayettes (de Martigues) de cette maudite épaule gauche sur laquelle j’ai chu en vtt il y a un an, m’ont éloigné des notes matinales que j’offre à cet agenda de guingois. 16h33

Et le résultat ? L’arthoscanner met en évidence une rupture transfixiante du tendon supra-épineux sur son insertion sur le tubercule majeur mesurant 12 mm de longueur en coupe sagitale…

Jeudi 08/04/2021

8h36  L’Anticyclone nous gratifie d’un air glacé descendu de l’Arctique qui agité par Saint Mistral produit un froid du diable. Mais c’est le plein soleil, le soleil de la vie qui dissémine ses points d’or que l’on confond avec ces mots qui sont le blanc du langage.   9h05

Vendredi 09/04/2021

7h21    Le yeux ouverts reprennent cette suite mineure après une nuit de rêves chaotiques induits par l’Anomalie ce roman diabolique écrit par Victør Miesel et repris par un tôlier qui signe Le Tellier.   7h28

Samedi 10/04/2021

8h00        Tu aurais 69 ans aujourd’hui Tu te souviens de mes paroles au cimetière ? Au cas où pour toi seule cette fois, la foule de tes accompagnants s’étant depuis bientôt sept ans retirée, je te les redis les yeux fermés :

                  J’ai cueilli ce brin de bruyère L’automne est morte souviens t’en Nous ne nous verrons plus sur terre Odeur du temps Brin de bruyère Et souviens-toi que je t’attends Guillaume Apollinaire L’Adieu   8h09

Dimanche 11/04/2021

1h54   Avec le mot « poète » en Français on n’a vraiment pas de chance. D’abord cette diphtongue d’eau (o) et de lait (è), ensuite cette injonction sur cette « peau » que vous êtes censé « être ». « Pou ête » un.e poète faut vraiment aimer se ridiculiser.   2h03


	

GARE AU POÈTE !





Les poètes usant de vers polymorphes

Sont traités le plus souvent avec suspicion

Sur la scène du monde littéraire

Gare au gorille





Gare aux hétéronymes de Monsieur Personne

Pessoa le Portugais :

Combien suis-je ? Qui est moi ?

Questions d’un inquiéteur

Pour ne pas dire d’un sublime emm…





Enquanto en vir o sol luzir nas folhas

E sentit toda a brisa nos cabelos

Não quererei mais nada

« Tant que je vois feuilles luire au soleil

Et sens la brise en mes cheveux

Je ne désire rien d’autre »





À part l’écrire le chanter

Puis oublier mon feuillet

Dans la malle à poèmes

Des banquiers anarchistes

Gardeurs de troupeaux

Et autres buralistes

Qui offrent leurs cigares

Aux fumeurs versés dans la métaphysique