LE TEMPS l’arcane majeur





Le temps pour le poème

est l’arcane majeur





Le temps refiguré

dans une métaphore





Le temps désaliéné

« les promesses de l’aube »

brisées mais non perdues

dans un dire têtu

ni le même ni l’autre





Le temps des nuits entières

qui sonne sans raison

mais non sans résonances

L’horizon de lectures

d’une intranquillité

qui nous tue et rassure





Le temps qui nous murmure

La mémoire et l’oubli

L’amour des fatrasies

Et la sérénité





manuscrit « tel quel » nuit du 26 novembre 2020
le temps arcane majeur

	

UNE ENCYCLOPÉDIE PASSAGÈRE

le briquet féru de poésie poètes bêlants
lecture




distraction Poésie humilité




distraction
poésie
humilité




SUITE DIALOGUÉE
avec Jean Tardieu 

– Comment ça marche un poème ?

– Ça marche ça marche sur ses pieds.

– Les petits vers sont-ils heureux ?

– Mon dieu oui Monsieur Tardieu.

– Et les rimes ?

– Ça s’enrhume ?

– Et les pantoums ?

– Ça pantomime.

– Et les odes ?

– Ça s’érode.

– Et la structure ?

– Ça vocalise.

– Et ses lecteurs ?

– Ils sont passés

La mariée était trop belle

Au livre de poèmes

Ils préfèrent les livres à succès.


	

J’AJOUTE MAIS NE CORRIGE PAS





J’ajoute et ne corrige pas (Montaigne)

Sur le village où je suis né

Le temps qui passe pas à pas

La langue tirée par le nez





J’ajoute sans me retourner

Repentirs ni mea-culpa

Sans souci de ma destinée

J’ajoute sur la voie ma voix





Celle de Louise qui me noie

Dans la chaleur de sa froidure

Avec mes mots de peu de poids

Plaisirs et tourments que j’endure





J’ajoute ce poème vain

Vingt fois je l’ai imaginé

En vain je me suis escrimé

J’ajoute et ne corrige point

j’ajoute sur la voie ma voix