JE M’ABANDONNE À LA NAÏVETÉ

 

JE M’ABANDONNE À LA NAÏVETÉ
Je m’abandonne à la naïveté
et à toujours dire ce que je vois,
et par tempérament et par discours,
laissant à la fortune de conduire l’événement.
Montaigne (revisité ce 17/10/2019)
 
Je regarde les nuages qui passent
et un avion avec sa fumée en panache
derrière sa queue.
Je regarde une libellule posée sur l’amandier
- que fait-elle encore à rôder ainsi un 14 octobre ?
Je regarde le temps en suspens
me balançant dans mon hamac.
Puis je ferme les yeux au monde qui m’entoure
reprenant la lecture du livre sur lequel
j’ai écrit ces lignes dans les marges.


 

SANS REPOS





Et lentement nous quittent toutes les choses terrestres

Succession des saisons du Corps et de l’Esprit

Aucune nostalgie ni fuite dans la fausse poésie

Mais le rythme de ces quelques lignes écrites

En retrait des tumultes du monde





Le crayon sur la page

Dans le hamac ouvert

Auprès du mimosa

Et de la haie de laurier

Donnant ses derniers roses





Un jeu à quatre mains

Où les pensées sauvages

Vont et s’échangent

Sans barguigner





Ce qui est commencé par l’un

Est continué par l’autre

Sans repos*





* Roland Barthes (l’Empire des sens)


	

L’AMI MONTAIGNE

 





Dès ma première enfance la poésie a eu cela
de me transpercer et de me transporter
Michel de Montaigne
 
écrire un poème
sous mille formes données
au sujet informe
 
écrire un poème
se tenir dans son assiette
à travers le branle du monde
 
écrire un poème
un pas de côté
deux clics de souris
 
écrire un poème
en mouvement
en recopiant
l’ami Montaigne
 
J’aime l’allure poétique
à sauts et à gambades
 
*italiques sont de Montaigne
 

 
 
 

	

LE MONDE ET SES REFLETS

09 | juillet | 2008 | POÉSIE MODE D’EMPLOI

LE MONDE ET SES REFLETS

L’abricotier n’en peut plus

ses branches frôlent l’herbe   tant les fruits se sont multipliés

Les maçons d’à côté rehaussent la maison

Et la tortue commence ses pérégrinations

Elle va vers la page où veloutent les feuilles les fleurs et les tomates

vertes encore comme des billes ou ce bon cœur des Amérindiens

avant que l’Espagnol ne vienne le pourrir…

 Et puis Soleil trop chaud m’empêche de développer

    le monde et ses reflets