RUMEURS DE PLAGE

écrit sur la plage
Rien de facile, et pourtant écrit dans ce paysage sans limites,
la plage, avec l'aide de la rumeur de la mer et le cri des enfants,
ivres de liberté.
Si une hirondelle de mer, une sterne au vol étourdi, passe et se
mêle à la polyphonie, à ciel ouvert, c'est un moment heureux,
avec ce monde-là qui se révèle à qui veut bien l'écouter.
Naturellement, il faut pour en jouir, avoir dit Non, résolument, 
aux pratiques que l'on voit proliférer autour de soi :
mots croisés, mot fléchés, et des plus grands maux, cette cap-
tation, l'œil rivé, un doigt glissant sur le portable, l'insupportable, 
comme l'avait baptisé à son apparition, mon ami ethnologue.
Cependant, lire "poètes et prosateurs", comme on disait jadis,
mais à petites doses, et en levant les yeux, ajoute au plaisir, 
et peut aussi le contrarier quelque peu...
Rien de facile, mais en attendant, nager insolemment, et oublier
nos infinis...
Un dictionnaire à part moi
17/08/2020

UNE PAGE À GOÛT D’INACHEVÉ





Je ne savais pas avant de les écrire
Que ces vers étaient faits pour ta voix
Douce tendre et maintenant disparue

Je lis ailleurs le rappel des croyances
Qui transfèrent nos morts dans un arbre
Une petite pierre un oiseau un lézard

Les mythes nous apprennent comment les libérer
Mais je ne le dirai pas ici
L'enchantement serait brisé

Je ne savais pas avant de l'écrire
Que cette page aurait ce goût
d'inachevé




manuscrit

CAHIER DE PLAGE un 15 août

espontaneo 15/08/2020 midi




CAHIER DE PLAGE

J’ai sous les yeux une page d’un livre célèbre dans le monde entier. Je la lis par intermittence, et quand je lève les yeux, j’ai devant moi, une mer d’huile, ses bateaux, ses gens et sa rumeur, ce 15août 2020.

Toit tranquille, mais à la place des focs, vus et imaginés sous forme de colombes par le poète du Cimetière marin, ce sont les lourds et grands bateaux, porteurs d’or noir, de gaz ou de minerais, qui à l’arrêt, attendent leur tour pour un transvasement, dans la rade de Fos ou celle de Lavéra Martigues.

Des familles s’installent, derrière moi, près des rochers ; ils déballent ce qui sera leur repas de midi, avec le petit réchaud pour la cuisson.

Retour au livre dont l’auteur, un brin confondu avec le narrateur, veulent me persuader que les personnages sur la page et leurs émotions, les paysages et leur description, exercent sur sa pensée, une bien plus grande influence, que les personnes autour de lui et le jardin, où il fait dans le ravissement ses lectures d’été.

-Non, non, répètent les vagues qui me lèchent les pieds et me transportent ailleurs ; sur cette presqu’île de Goajira, par exemple, dont les plages immenses et sans personne, tutoient les dieux.

TANT QUE VIVRAY


Tant que vivray en âge florissant,
Je servirai Amour, le Dieu puissant,
En faits et dits, en chansons en accords.

Clément Marot


Tant que vivrai

Sur ma très brève et familière tablature

Comme écrivait en regard de sa pièce pour luth
Pierre Attaignant


Cinq siècles après
sa musique -en effet –

m’atteignant


Mais lui le musicien de ce poète de Renaissance
en nous voyant encor qui l’écoutons

À quoi vraiment songerait-il
caché en sa poussière d’étoiles ?

Tant que vie vraie
Nous est donnée
Échos parlant
d’une promesse réalisée

Prolongeons
sur nos luths constellés

https://www.youtube.com/watch?v=yD7qRFELl8w